12/05/2018

AU PAYS DU SOLEIL LEVANT

                     LE JAPON : LE RETOUR

             A LA RECHERCHE DES CERISIERS EN FLEURS

                              DU 14 AU 28 AVRIL 2018

                     Récit de Marie-Claire Bassou


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Le groupe de 20 lecteurs de votre journal, qui se retrouve à l’aéroport de Genève, mêle fidèles du Club voyages et nouveaux venus, suisses et domiciliés de contrées voisines ou franchement très lointaines, comme l’Afrique du Sud. Pour chacun, le Japon est une découverte qui va tenir ses promesses.

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Ce circuit, organisé par l’agence Lets Travel, a offert à nos participants des découvertes de beauté, de gastronomie et de surprises.

1er jour, samedi 14 avril : Départ de Genève

Décollage de Genève à 21h40 pour une longue nuit coupée par la lumière des écrans où les insomniaques et les inquiets regardent des films.

2ème jour, dimanche 15 avril : Dubai (transit) - Tokyo

Arrivés à Dubai à 06h10, il nous faut changer d’avion ce qui nous permet d’admirer la géométrie de l’immense aéroport ; il faut environ 30 min au bus pour nous conduire au pied du nouvel appareil.

Enfin, nous arrivons à Tokyo Haneda à 22h45. Nous faisons la connaissance de Hitomi, notre guide, une jeune femme mince et souriante que nous allons rapidement apprendre à mieux connaître.IMG_3854.JPG

La troupe légèrement hagarde prend avec une grande satisfaction possession des chambres très confortables du Shinagawa Prince Hotel. Un détail mais qui fait l’unanimité : le confort des toilettes, chauffage et douche comprises, premier exemple du raffinement japonais.

3ème jour, lundi 16 avril : Tokyo

Le rendez-vous est fixé à 10h ce qui permet de récupérer un peu. Le chauffeur de notre car salue chaque personne qui monte, rituel qui se reproduit à la descente... Le tour de ville commence avec l’esplanade du Palais Impérial, demeure actuelle de l’Empereur, 125° de la lignée. Impossible évidemment d’y pénétrer, on admire les murailles épaisses du château d’Edo et les douves, le pont principal et ses gardes, on aperçoit le pignon d’un toit et c’est tout. Hitomi nous annonce que la saison des cerisiers en fleurs est déjà passée à Tokyo, déception générale. Dénicher un cerisier encore en fleurs va occuper nos yeux pendant pas mal de temps encore.

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Pour prendre la mesure de la mégapole de 13 millions d’habitants, Hitomi nous conduit à la SKY TREE, la tour de Tokyo, 643m de haut qui offre un panorama impressionnant sur la capitale, ses gratte-ciels, le fleuve Sumida et au loin la baie ouvrant sur l’Océan Pacifique. Coup d’œil vertigineux quand sous les pieds s’ouvre un plancher de verre.

Après le déjeuner où chacun va à la découverte des mets étranges proposés par le buffet, Hitomi nous emmène voir l’immeuble de la bière conçu par l’architecte Philippe Stark, c’est un bock immense et doré, couronné de mousse blanche et accompagné par une énorme goutte de bière !

Nous visitons le temple bouddhiste Senso-ji, appelé aussi Asakusa Kannon (VII°s.), et ses échoppes commerçantes. De nombreuses jeunes filles portent des kimonos IMG_3492.JPGaux couleurs vives et se laissent photographier avec plaisir.

Le soir, chacun fait à sa convenance, s’attable à l’un des très nombreux restaurants proches de l’hôtel, vers la gare, ou achète quelque chose dans une boutique, par exemple un petit pain fourré de confiture de haricots noirs, ce qui suffit amplement à combler un creux.

4ème jour, mardi 17 avril : Tokyo

Hitomi fixe le départ de l’hôtel à 8h50 ; commencent alors les attentes fébriles devant les ascenseurs et la très longue file de personnes venues prendre le petit déjeuner, elles aussi ! En fait, la machine japonaise d’une efficacité redoutable permet à chacun de déjeuner dans un temps relativement rapide.

O hayo, bonjour : notre apprentissage du japonais commence !

Nous traversons la ville en bus, ce qui nous permet de voir la propreté inimaginable des rues et de nous émerveiller devant les massifs de rhododendrons rouges ou violets qui bordent les trottoirs.

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Nous visitons librement le splendide jardin Rikugi-en, propice à la sérénité. Pourtant notre esprit a commencé par être grandement bouleversé en découvrant que le cerisier magnifique qui en est le joyau est devenu un très bel arbre… vert. Les photos le montrant en fleurs ajoutent à nos regrets mais la visite de ce premier jardin tient ses promesses, petit pont incurvé, ruisseau, rhododendrons colorés, pins savamment torturés, rochers disposés avec soin.

Nous découvrons ensuite le sanctuaire Meiji (1920), au cœur d’un parc luxuriant. L’empereur aimait le vin au vu des tonneaux de vin de Bourgogne qui s’alignent face aux tonneaux de saké.

C’est un sanctuaire shintoïste et Hitomi en profite pour nous initier aux différences entre religion bouddhiste et shintoïste. Elle nous montre le rituel de purification à effectuer avant d’aller prier. Nous avons le plaisir de voir passer un mariage, prêtre shintoïste en tête.

IMG_3658.JPGAprès le déjeuner, sous une pluie fine, nous partons nous balader sur l’avenue Omotesando, bordée de boutiques de luxe à l’architecture contemporaine, puis dans le quartier de Shibuya, connu pour son extraordinaire croisement (le plus grand au monde) avec ses passages piétons très empruntés, dont un en diagonale. La foule est si compacte qu’Hitomi et Michèle ont bien du mal à regrouper tout le monde. Nous devons achever cette journée par le quartier de Ginza, les «Champs-Elysées» tokyoïtes mais la pluie IMG_3653.JPGbattante gâche la sortie. Heureusement UNIQLO nous ouvre ses portes !

Retour à l’hôtel. Il faut préparer notre petit bagage à emporter dans le train. Demain nous partons vers le nord de l’île de Honshu.

5ème jour, mercredi 18 avril : Tokyo - Kakunodate

Nous partons de l’hôtel peu après 8h, sous un ciel brumeux, une fine pluie et une armée de parapluies transparents et de masques blancs (les Tokyoïtes sont très sensibles aux allergies et microbes) ; dans ces conditions, inutile d’espérer apercevoir le mont Fuji, encore un rêve qui s’envole.

Nous prenons le Shinkansen, le TGV japonais, d’une propreté irréprochable, les voyageurs devant déposer, en sortant, leurs déchets dans le sac poubelle tenu par un employé qui s’incline en remerciant chaque personne : nous contemplons la scène, les yeux ronds. Un trajet d’environ 3h00 permet de compléter la nuit.

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La ville de Kakunodate semble bâtie sur un plateau environné de montagnes, des tas de neige s’amoncellent encore au coin des rues. Il fait peut-être un peu froid pour des cerisiers en fleurs ?

Le déjeuner excellent est pris dans une auberge, table basse, cuisson sur des braseros individuels ; Hitomi nous explique la cuisson du shabu-shabu (onomatopée évoquant les bouillons de l’eau) : poulet, champignons, émincés d’oignons, feuille de chrysanthème sont plongés dans le bouillon puis dans un bol d’œuf cru battu, délicieux !IMG_3713.JPG

Les samouraïs n’ont qu’à bien se tenir, les troupes sont revigorées. Cette cité fortifiée de montagne fut fondée par le clan Satake de Kyoto au XVIIe siècle. Les Satake bâtirent les maisons de samouraïs et introduisirent la culture des cerisiers, dits « cerisiers pleureurs », sur les rives de la Hinokinai et dans leurs jardins (la ville est réputée pour son artisanat en bois de cerisier). Bien entendu, vu le climat, les cerisiers sont à peine en bouton…

Nous visitons d’abord l’Aoyagi-ke, devenu un musée, lesIMG_3747.JPG silhouettes des samouraïs en armure (20kg) et masque effrayant sont tous assis sur des chaises, position traditionnelle de présentation et non debout comme des soldats ; des sabres, les katanas, de beaux kimonos, des manteaux de pluie en paille de riz et autres objets de la vie rurale sont exposés dans des vitrines. Un artisan (il n’en reste que 9) travaille l’écorce de cerisier sauvage qui, lissée et sculptée est ensuite collée sur d’autres supports. Le groupe s’éparpille pour visiter à loisir différentes maisons de samouraïs, sols de tatamis, table basse, art de l’ikebana, beau paravent aux oies sauvages, petit temple shintoïste suspendu au plafond…

Vers 16h30, nous repartons pour gagner le ryokan pour le dîner et la nuit. Nous longeons un immense lac de caldera, le lac de Tazawa sur lequel veille une étrange statue dorée. Les bois de cèdres sont de plus en plus enneigés et c’est un paysage hivernal que nous découvrons à notre arrivée à l’hôtel.

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Extérieurement, le ryokan n’a rien de rustique, mais les chambres sont aménagées à la japonaise, pas de lit (une femme de chambre viendra installer le futon pendant le repas), table basse, mais, concession aux visiteurs, 2 fauteuils. Hitomi nous a expliqué comment se rendre au bain collectif d’eau chaude, l’onsen et nous sommes plusieurs à nous y rendre (pour la partie féminine du groupe), quel plaisir que cette eau brûlante ! on peut s’immerger jusqu’au cou, en tenue d’Eve.

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Le repas se prend, vêtus du yukatas, le kimono porté après le bain et c’est à nouveau un banquet délicieux, succession de petits plats, de soupes et de shabu-shabu.

6ème jour, jeudi 19 avril : Kakunodate – Hirosaki - Aomori

Le départ est fixé par Hitomi à 9h30 pour Hirosaki, 2 employés tiennent une banderole de salut lorsque nous partons ; les courbettes et les « arigato » se multiplient.

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Nous roulons dans une région très montagneuse avec plus 1800 sources thermales chaudes, l’eau jaillit du sous-sol volcanique. On admire au passage le volcan Nambukata Fuji (2038m) au cône presque parfait.

Après le déjeuner, nous partons visiter le château, édifié en 1609. La plupart des rues mènent au château, ancien domaine féodal des seigneurs Tsugaru. Le parc de Hirosaki est réputé pour ses 2500 cerisiers (les premiers qui longent la douve sont à peine entrouverts, une ombre de rose…) mais plus nous avançons dans le parc, plus nous sommes ravis, enfin quelques cerisiers pleureurs en fleurs, toutes les nuances du blanc au rose vif, on photographie sans retenue !

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Le château a disparu, ne restent que les tours de guet dont une abrite un petit musée. Une allée est bordée d’échoppes, en particulier vendeurs de marrons grillés, de brochettes de poulet ou de calamars.

Nous reprenons la route en direction d’Aomori, tout au nord de Honshu, une ville portuaire très connue pour la pêche, surtout le thon.

Nous visitons un musée très original, celui des chars du grand festival d’été, au mois d’août dont l’origine remonte au XVI°s. : 21 chars défilent, décorés de lampions et ornés de personnages destinés à chasser les mauvais esprits. C’est monumental, très coloré et surprenant, d’autant plus que tout est réalisé en papier collé sur une armature de bois et de bambous puis peint.

Notre hôtel présente une magnifique collection de bonsaïs, autre spécialité japonaise.

7ème jour, vendredi 20 avril : Aomori - Tokyo

Départ à 8h30, déclare Hitomi et « pas de négociations », cette déclaration devient un motif de plaisanteries pour tout le voyage ! Nous embarquons léger dans le Shinkansen puisque les bagages principaux sont envoyés à Kanazawa.

Comme le trajet dure environ 3h00, Hitomi propose d’initier chacun de nous à l’art de l’origami, elle a prévu de jolis carrés de papier qui se transforment en grues les ailes déployées. Tout le problème sera de les refaire sans son aide.

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Nous arrivons à Tokyo vers 13h et le reste de la journée est libre. Certains préfèrent rester à l’hôtel mais Hitomi a accepté de guider les volontaires dans le métro pour aller voir la baie de Tokyo. Une condition : « ne pas monter dans les chambres, ce n’est pas négociable. Mon programme, c’est ça ! » Eclat de rire général. Déjà acheter un billet de RER n’est pas chose facile. Le trajet nous conduit jusqu’à Odaiba, l’île artificielle forteresse où s’élève la statue de la Liberté, réplique de celle de New-York, fondue en 1999 par le Japon. La France, elle, a offert une immense flamme de la liberté ; partout des gratte-ciels ultra-modernes dont celui en lame de couteau conçu par Jean Nouvel, le Dentsu Building.

La promenade se poursuit au quartier Ueno où certains vont visiter le Musée national. Hitomi nous laisse livrés à nous-mêmes pour rentrer à l’hôtel.

8ème jour, samedi 21 avril : Tokyo – Kanazawa

Nous reprenons le train pour Kanazawa, 3h de trajet. Les champs de riz inondés se multiplient, le japon est auto-suffisant en riz mais la moindre parcelle de terre est plantée en rizières, par contre on ne voit aucun troupeau et les potagers sont rares et minuscules.

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Après le déjeuner, dans un restaurant local où nous mangeons des tempuras, crevettes, rondelles de courgettes et de patate douce excellents et une soupe locale aux champignons, Hitomi nous entraîne dans une promenade dans l’un des plus beaux jardins de l’archipel, le Kenroku-en dessiné au XVII° s. Temps printanier, soleil et cerisiers en fleurs, érables vert ou rouge, étang et lanterne moussue, un après-midi délicieux.

Puis nous nous rendons au château de Kanazawa en face du jardin, les portes monumentales Ishikawa-mon ont été bâties en 1596 mais détruites par un incendie et reconstruites en 1765. L’intérieur est une immense place d’armes vide entourée d’entrepôts pour les armes.

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La visite suivante nous conduit à Nagamachi, le quartier des samouraïs entouré par un mur de torchis jaune et un canal, nous pénétrons dans une très belle maison, celle de la famille de samouraïs Nomura ; dans l’alcôve, un kakemono ou kakejiku, long rouleau de papier orné d’une maxime « Aujourd’hui sain et sauf » et un ikebana, bouquet minimaliste toujours réussi. Le jardin miniature est magnifique, couleurs des feuillages, éclairs rouges des carpes, rochers et pas japonais et même une boîte à rossignols qui résonne quand l’oiseau chante !

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Notre hôtel central permet à chacun d’explorer les environs, de faire des emplettes et de découvrir le luxe des galeries commerciales.

9ème jour, dimanche 22 avril : Kanazawa – Shirakawago - Kanazawa

Dès 8h30, nous voici opérationnels pour une autre journée de découvertes. Une marche dans le quartier des geikos, ruelles aux maisons de bois, nous conduit chez un artisan qui travaille la feuille d’or (il reste 32 artisans à Kanazawa). Avec un lingot d’or d’1kg, on fait 58 000 feuilles d’or qu’un souffle suffit à soulever.

IMG_4185.JPGUn atelier pratique est prévu, c’est original et intéressant : chacun choisit un calque avec un motif, dessiner, découper au cutter, appliquer sur une assiette laquée noire, enduire de colle, appliquer la feuille d’or, la lisser, retirer le calque, reste le motif en or sur l’assiette. Il nous faut plus d’une heure pour réaliser notre œuvre !IMG_4202.JPG

 

Nous reprenons le bus pour le village de Shirakawago niché au coeur des Alpes japonaises ; Hitomi profite du trajet de 1h30 pour nous donner un cours de langue, le sens de lecture change selon la disposition horizontale ou verticale ! pas simple comme système elle nous montre aussi l’évolution des idéogrammes vers l’abstraction. Il faut maîtriser 2000 caractères pour lire.

Le déjeuner nous permet de découvrir de nouvelles spécialités de la cuisine locale, nouilles, poisson fumé, gros haricots noirs ; du haut de la butte, le coup d’œil sur le village en contrebas est remarquable.IMG_4231.JPG

Comme tous les sites que nous visitons, l’affluence des touristes est considérable, beaucoup de Chinois, de Coréens et quelques Occidentaux. Hitomi se propose de nous faire visiter une maison typique avant que chacun vagabonde à sa guise dans le village. Les chaumières centenaires appelées Gassyo-zukuri sont couvertes d’un très épais toit végétal, pas de chaume mais de pâturin ou miscanthus, une graminée géante. Les toits sont très inclinés en forme de mains jointes pour la prière afin de permettre à la neige de glisser. Au 4° étage, se trouvait l’élevage des vers à soie, spécialité de la région.

Sous un chaud soleil, chacun part à la découverte du village, très touristique mais qui a gardé beaucoup de charme dès qu’on s’éloigne de la rue principale. On s’émerveille toujours devant les cerisiers roses ou blancs. C’est là que nous découvrons les poissons flottant au vent de la fête des garçons, le nombre de poissons indiquant la composition de la famille.

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Nous retournons à Kanazawa en regardant un film sur une brasserie de saké.

10ème jour, lundi 23 avril : Kanazawa – Kyoto

Nous partons pour la gare de Kanazawa, le hall de la gare est surmonté d’un immense dôme, une grande structure en bois symbolise le tambour des geishas, non pardon, il faut dire les geikos, l’autre terme étant plus péjoratif.

Le trajet en train dure environ 2h pour arriver à Kyoto. Hitomi a toujours peur que l’un d’entre nous se perde parmi la foule, elle nous compte et recompte et constate : « On est tous là… ou peut-être ».

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Le déjeuner nous permet de goûter une autre spécialité, okonomiyaki, sorte de galette/omelette garnie d’oignons, viande, crevettes qui finit de cuire sur la plaque incrustée sur les tables du restaurant.

Nous partons visiter l’ancienne demeure du shogun Tokugawa, 15° shogun en 260 ans, le shogun ou gouverneur militaire exerce le pouvoir réel, l’empereur n’étant qu’un fantoche jusque vers 1850 où il reprendra le pouvoir.

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Le château de Nijo n’a été habité que 8 fois par le shogun, sorte de modeste résidence secondaire en somme… Déjà, les portes ornées du chrysanthème, symbole de l’empereur ou de grues et de dragons sont splendides. Nous visitons l’intérieur du palais (interdit de photographier !), suite de vastes salles presque IMG_4425.JPGnues, avec des paravents peints, un plancher dit « rossignol » grince sous les pas. Une reconstitution avec des mannequins rappelle le jour où le shogun a annoncé à ses vassaux qu’il remettait le pouvoir à l’empereur.

 

Puis notre bus nous emmène visiter le Ginkaku-ji ou Pavillon d'Argent, temple bouddhiste de Kyoto, situé au nord-est dans le quartier de Higashiyama. C’est un autre shogun qui a fait construire cette retraite pour venir s’y retirer et méditer. Chose curieuse, le jardin combine les 2 esprits des jardins japonais, le jardin zen fait de sable gris clair dessinant des sillons parallèles ou une pyramide tronquée parfaite et le jardin moussu parcouru de ruisseaux semés de rochers parmi les fleurs et les arbres. C’est une œuvre d’art extraordinaire. Nous nous y promenons assez longuement. Le Pavillon n’est pas couvert d’argent (trop cher) mais il est en bois laqué.

IMG_4482.JPGNotre hôtel est assez proche de la gare et d’un immense centre commercial haut de 11 étages. Hitomi nous y emmène pour voir la ville nocturne ; sur l’escalier, se dessinent des images lumineuses changeantes. Démesure et modernité.

11ème jour, mardi 24 avril : Kyoto

Ce matin, nous devons partir à 8h30 pour visiter le splendide temple sur pilotis Kiyomizu-dera. Kyoto nous fait grise mine, il pleut et la foule des touristes chinois et coréens principalement, plus les hordes d’élèves de tous âges et de tous uniformes ont déjà envahi la ruelle qui monte vers le temple.

Hitomi brandit haut sa baguette aux rubans rouges et blancs et nous entraine vers le temple peint en vermillon et gardé par 2 lions, l’un bouche ouverte (naissance), IMG_4548.JPGl’autre bouche fermée (mort). De nombreux jeunes sont en kimonos ou yukatas, car l’entrée est gratuite pour eux. Le temple du VIII°s. s’est agrandi au fil des siècles. Au bas du temple, coulent 3 sources et les gens font la queue pour boire de leur eau qui confère amour, longévité et réussite dans les études !

Nous déambulons ensuite dans les ruelles japonaises pavées de Ninenzaka et Sannenzaka, qui se situent dans le quartier historique de Higashiyama, à l’est de Kyoto. La foule y est moins compacte et on peut regarder les maisons de bois, entrevoir les jardins, ou même voir travailler des artisans.

La visite du temple Sanjusangendo nous réserve une autre surprise, il est immense, 120 m de long et abrite 1001 statues de Kannon, dieu du tonnerre et du vent, bouddha de la miséricorde. Pas de photos ici. On avance dans la pénombre, fascinés par cette foule de statues hermaphrodites aux 11 têtes et aux 20 bras pour tout voir des misères des hommes et pour les soulager. Son nom Kannon signifie d’ailleurs : Kan : regarder + non : voir et un œil est ouvert dans chaque paume de ses mains. Au milieu de cette foule trône une immense statue de Kannon.

Après le déjeuner (repas français aujourd’hui), nous allons voir le temple Kinkaku-ji, surnommé le Pavillon d’Or, entièrement recouvert d’or comme son nom l’indique. Construit par le shogun Ashigawa qui, pour se faire pardonner son penchant pour les femmes (ah que le mot luxurieux est difficile à prononcer pour une Japonaise !) est devenu moine. Le temple a brûlé en 1950, à cause d’un apprenti moinillon, amoureux déçu qui a décidé de se suicider par le feu en incendiant le Pavillon. L’écrivain Mishima en a fait un roman « Le Pavillon d’or ». Le temple a été reconstruit à l’identique en 1955. La vision du temple doré qui se reflète dans l’étang bordé d’iris violets est saisissante de beauté.

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La dernière visite de la journée est pour le temple zen Ryoan-ji ; le sable gris clair du jardin sec est orné de 15 pierres qu’il est impossible de voir en même temps, 15 nombre de la plénitude alors que 4 porte malheur (pas de 4° étage autrefois ou pas de wagon n°4).

12ème jour, mercredi 25 avril : Kyoto

Nous partons à 9h pour un autre quartier de Kyoto, celui d’Arashiyama à environ 30min. de route. Nous allons voir l’un des plus anciens jardins zen du Japon au temple Tenryu-ji, c’est un temple Kinzai, une école bouddhiste différente (elles sont nombreuses). Nous longeons la rivière Katsura qu’enjambe le fameux pont Togetsu-kyo, le pont qui enjambe la lune. Au passage, Hitomi nous montre comment des rouleaux de tissus pour Kimonos servent à décorer avec goût une gare de RER.

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Le temple est immense, précédé de belles maisons pour les familles des moines venus apprendre le dojo-zen, le chemin spirituel (ju-do : le chemin de la souplesse).

Hitomi demande à ceux qui ont réservé la cérémonie du thé de la suivre et fixe une heure de rendez-vous pour les autres : « et ce n’est pas négociable », dit-elle en riant. Le temple s’est réduit au fil du temps et des incendies. Il fusionne le jardin zen très dépouillé, les vagues de sable argenté et le jardin aristocratique, étang, pins tordus, érables rouges, rochers et massifs de rhododendrons ou de pivoines, grappes violettes des glycines. La promenade se poursuit à travers la forêt de bambous : un bambou tombe vers 10 ans, donc au bout de 7 ans, on les utilise surtout comme élément décoratif.

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Vers 11h, Hitomi conduit les personnes intéressées à la cérémonie du thé ; c’est Rikyu au XVI° s. qui a fixé les règles très strictes de la cérémonie du thé, pose des mains, nombre de pas à effectuer, eau de source, thé vert mashya, fouet de bambou, etc.

Au déjeuner, nous goûtons du porc pané tonkatsu, une soupe froide de potimarron, le tout excellent comme toujours. Hitomi nous montre rapidement le quartier de Gion et les maisons de bois anciennes du quartier.

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Nous sommes attendus dans un atelier de fabrication de lanternes. Les 2 jeunes gens (10° génération d’artisans) ont débarrassé tant bien que mal leur atelier pour nous faire de la place et ont préparé les armatures des petites lanternes. Il nous faut choisir les papiers, les coller, les lisser de la main sans les déchirer, faire ainsi chaque section de la lanterne mise ensuite à sécher devant un radiateur électrique. Mais lorsqu’on place la bougie électrique à l’intérieur, l’effet est charmant dans la pénombre. Chacun emporte sa création soigneusement emballée.

Le soir, certains repartent vers le quartier de Gion voir geikos et maïkos, d’autres cherchent un petit restaurant (ils abondent) ou des boutiques pour faire les derniers achats.

13ème jour, jeudi 26 avril : Kyoto – Nara - Kyoto

Nara n’est qu’à 1h 30 de route, c’est une autre ancienne capitale, plus ancienne que Kyoto ; elle ne l’a été que brièvement au VIII°s. Hitomi nous avertit que les temples de Nara sont encore très influencés par la Chine, la couleur rouge vermillon servant à chasser les mauvais esprits. Si le bouddhisme a d’abord été une religion d’aristocrates et de moines, il a été adopté ensuite par le peuple qui le mélange sans état d’âme au shintoïsme.

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Nous allons visiter le temple de Todai-ji (VIII°s.) ; dans le parc se promènent librement environ 1200 cerfs et biches qui quémandent des friandises et poussent du museau les mains qui ne vont pas assez vite ; ils sont jolis mais ils puent et laissent des crottes partout ! ce sont des messagers des dieux, des animaux sacrés donc on ne les mange pas.

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Le temple est l’un des plus grands et vieux bâtiments en bois du monde, il a brûlé 2 fois (mais pas le Bouddha qui est en bronze sur une structure en bambou) et a été reconstruit. À l’entrée, des moines font la quête, d’autres, marchands du temple, essaient de vendre des fleurs de lotus en papier ! On passe au moins 2 portes avant de parvenir à l’immense esplanade qui mène au temple principal, une fête se prépare : 500 moines vont se réunir pour prier pour la paix dans le monde, les tambours sont installés mais notre horaire de visites ne peut hélas se modifier.

IMG_5053.JPGEnfin, on aperçoit une impressionnante statue de Bouddha haute de 16 m. ; à l’origine, le corps était recouvert de feuilles d’or et ses cheveux étaient peints en bleu mais il ne reste que quelques reflets. Il tend la main gauche vers le visiteur, paume vers le haut pour lui dire : N’aie pas peur, je t’accueille, j’exauce ton vœu.

Amusant, d’un côté du temple, des écoliers passent un à un par un trou au bas d’une colonne, c’est la narine de Bouddha.

 

Le bus nous conduit ensuite au sanctuaire shintoïste Kasuga Taisha et ses 3 000 lanternes de pierre. Des feuilles de papier sont collées sur une ouverture de la lanterne et annoncent les offrandes faites ou les vœux émis. C’est une forêt de pierres et de mousse qui a du charme. Au passage, nous admirons un camphrier vieux de 700 ans devenu un arbre sacré.

Ici aussi nous découvrons des jeunes mariés en tenue traditionnelle qui se soumettent à l’interminable pose des photographes.

Après le déjeuner pris dans un buffet appétissant, nous nous promenons librement dans Nara, à la découverte du temple de Kohfuku-ji et sa pagode de 4 étages.

Hitomi nous entraîne à la découverte de Naramachi qui est un quartier marchand aux allures traditionnelles, avec de longues galeries couvertes. On voit très peu d’animaux de compagnie, chiens ou chats. Mais en images, statues ou dessins, les hiboux et les chats abondent. Il y a même des singes rouges stylisés pendus par les 4 membres devant les portes des maisons pour faire fuir les mauvais esprits. Les machiya, anciennes maisons japonaises en bois, se dressent le long des ruelles et abritent désormais des musées, boutiques de souvenirs, restaurants ou encore des cafés.

Pendant le retour à Kyoto, nous visionnons une video sur le thé vert et rendez-vous est pris de se retrouver à 19h pour un dernier repas collectif.

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Kanpai ! le restaurant retenu par Hitomi retentit de chants suisses, Bernard commence par « Il était un petit navire » mais achève par des chansons paillardes. On trinque avec les minuscules bols de saké chaud, kanpai ! Les plats se succèdent délicieux et surprenants, une soirée chaleureuse qui nous a permis d’inviter Hitomi et de la remercier pour nous avoir si bien fait découvrir son pays.

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14ème jour, vendredi 27 avril : Kyoto – Osaka - départ

Nous fermons les valises pour la dernière fois et remontons dans notre bus pour l’excursion au sanctuaire Fushimi Inari, dédié à la divinité protectrice des récoltes de riz. Des statues de renard gardent les escaliers, les uns tiennent dans leur gueule le moulin à riz ou des épis de riz. On escalade la colline à la queue leu leu tant la foule est compacte, difficile d’avoir une vue d’ensemble des tunnels formés par les milliers de portiques vermillon ; plus nous montons, plus la foule s’espace, nous atteignons enfin un sommet (pas le plus haut) mais déjà, le vieux sanctuaire, la grosse cloche qu’il faut agiter pour appeler l’esprit de la divinité et les répliques miniatures des torrii donnent à ce lieu une atmosphère magique. A l’arrière des torrii, le donateur a inscrit son nom et le montant de son don : 100 000 yens, parfois 1 million !IMG_5283.JPG

Puis le bus prend la direction d’Osaka, notre dernière destination.  Cette fois, Hitomi nous propose un petit aperçu de la musique traditionnelle du Japon, parfois très aiguë et agaçante pour les nerfs, ou belle mélodie de flûte et tambours ou guitare des geikos, le shamisen au son assez sec.

Osaka est la 3° ville du pays avec 2.5M d’habitants, c’est une ville portuaire et Hitomi nous prévient : les gens sont des Latins, pas des Japonais. Nous ne tarderons pas à comprendre cette déclaration.

Mais d’abord, notre première destination est le Musée Ikeda, musée de la nouille instantanée. On est assez sidérés par le sérieux de l’organisation impeccable, réglée comme un ballet mais il faut dire que des bataillons de gamins et de familles sont là et nous aussi, comme eux, nous décorons notre bol, tournons le volant pour le remplir de nouilles, choisissons accompagnements et saveurs (le tout déshydratées) et hop un couvercle et le tour est joué. Amusant peut-être mais d’un intérêt limité.

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Le dernier repas japonais est un festival de saveurs et de plats servis par 2 dames en kimonos. Bernard chante « Les cerisiers de printemps » pour Hitomi et après la sortie « fracassante » du restaurant effectuée par Helmut et Edith, nous commençons la visite de la ville par le Umada Sky Building. Nous arrivons au 40° étage, à 173 m de hauteur d’où une vue panoramique s’offre à nos yeux, la baie ouvrant sur l’Océan Pacifique, les gratte-ciel du quartier des affaires (la ville a été rasée par les bombardements), la rivière Yodo.IMG_5356.JPG

Du magnifique château d’Osaka, nous n’apercevons qu’une toiture verte, la faute aux règles très strictes de stationnement qui empêchent notre bus de s’arrêter et nous finissons l’après-midi dans le quartier animé de Dotonbori. Nous comprenons l’appellation de ville latine, sacrilège, il y a des papiers et des canettes par terre, les promeneurs fument et mangent des glaces dans la rue, la musique des commerces est tonitruante et les enseignes psychédéliques rivalisent de couleur et d’imagination !

C’est l’heure de partir pour l’aéroport vers 18h30 ; Hitomi, satisfaite constate qu’elle n’a perdu personne, elle attend que nous ayons tous passer les contrôles, elle va pouvoir se reposer une semaine avant de recevoir un groupe de Français. Nous décollons vers 23h45 et une longue nuit de vol nous attend.

15ème jour, samedi 28 avril : Dubai - Genève - arrivée

Nous arrivons à Dubai à 05h15, nous changeons d’avion et décollons à 08h30 pour arriver à Genève à 13h15.

M-C.B

 

 

 

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