09/07/2015

YORK, l'autre partie du chocolat

York, l’autre partie du chocolat

De David Genillard


La cité du Yorskhire fait mentir la réputation exécrable de la gastronomie britannique. Petite balade dans ses rues aux saveurs sucrées.

Chocolate5911.jpgLe touriste belge ou suisse qui s’aventure dans les rues de York en rigolera peut-être : en Grande-Bretagne, la ville se pose comme la « capitale du chocolat ». Le titre fleure bon le délicieux coup marketing ; la cité de 197’800 habitants ne manque pour autant pas d’arguments pour le justifier.

En ce samedi après-midi, la boutique Chocolate Heaven – littéralement « le paradis du chocolat » – ne désemplit pas. Elle a l’immense avantage de se situer sur les Shambles, dont les vieilles maisons à colombage de guingois en ont fait « la rue la plus célèbre d’Angleterre », selon les guides du coin. Mais son succès doit aussi beaucoup au savoir-faire du maitre des lieux, Ray Cardy. « La réputation de York a beaucoup évolué depuis quatre ou cinq ans, constate le commerçant. Quand j’ai commencé il y a 25 ans, j’étais le seul artisan chocolatier et il existait trois grandes fabriques. Aujourd’hui, nous sommes six, pour une seule usine. » A savoir celle de Nestlé, qui y fabrique la bagatelle de six millions de Kit Kat par an.

Ouvert il y a trois ans, York Cocoa House sert le chocolat chaud selon une recette du XVIIe siècle et les pralines s’y déclinent sur des modes surprenants, voire consternants : à la confiture de piments, à la bière noire  ou encore au stilton. « Comme ce dernier est très décalé, les gens goutent volontiers, sourit Sophie Betton, responsable des ventes de l’échoppe, qui ajoute : « Hormis le chocolat, nous utilisons exclusivement des produis de la région. » Comme son homologue des Shambles, la jeune femme constate un changement des habitudes chez les consommateurs anglais. « Depuis quelques années, ils se mettent au bon chocolat. Ils ont voyagé, découvert d’autres choses en Suisse, en France ou en Belgique et sont désormais prêts à payer un peu plus pour un bon produit. On voit de plus en plus de clients qui viennent à York pour son chocolat.»

Une vieille histoire d’amour

Ce faisant, la ville renoue lentement avec une histoire d’amour trois fois centenaires que73.jpg content l’attraction et chocolaterie York’s Chocolate Story. Au XVIIIe siècle, le chocolat se déguste encore sous sa forme liquide, dans les établissements ouverts par les Quakers, désireux d’offrir une alternative à ces lieux de débauche que sont les pubs. Au XIXe siècle, c’est encore un Quaker, Henry Isaac Rowntree, qui a l’idée de suivre les exemples suisses et français et de produire un chocolat solide. L’affaire péclote avant de devenir au tournant du siècle un poids lourd mondial des friandises et d’entrer dans l’histoire : au fil des décennies, la famille Rowntree, aujourd’hui propriété de Nestlé, inventera la barre Kit Kat, les Smarties ou encore les petits carres mentholés After Eight.

The Shambles, « la rue la plus célèbre d’Angleterre », était autrefois celle des bouchers.

En se baladant au centre-ville, on constate vite que York ne vit pas que pour son chocolat. Les vestiges de la riche histoire locale sont partout. De l’imposante cathédrale aux remparts que l’on se plait à arpenter en passant par les Shambles ou la tour Clifford qui veille sur la cité. On vient à York pour savourer de bons plats et goûter au passé (lire ci-dessous). Sur Walmgate, les petites épiceries fines et les restos polonais, italiens ou indiens se succèdent. Au milieu de ces boutiques, on entre dans un décor d’un autre âge. « En hiver, on ne serait pas surpris de voir une calèche remonter la rue », s’amuse Sue Hardie, propriétaire de l’épicerie the Hairy Fig, où les grands bocaux de bombecs s’empilent jusqu’au plafond. « C’est ça que les gens viennent chercher à York, assure la commerçante : un saut dans le temps, un calme et une authenticité qu’on ne trouve plus forcément ailleurs. »

Romains, Vikings et chrétiens

123.jpgBon pour l’estomac, bon pour les yeux. On ne fait pas que manger a York et les prétextes pour se dégourdir les jambes sont légion. La ville conserve de nombreux témoins de sa très longue histoire. On peut ainsi visiter, sous les fondations du pub judicieusement appelé The Roman Baths, les bains romains. Ces vestiges attestent de l’importance de cette cite, située à quelques miles seulement du mur d’Hadrien, frontière septentrionale de l’empire, bâti en 122 ap. J.C. Le « train fantôme » du Jorvik Visitor Center emmène quant à lui les visiteurs dans une petite ville Viking, sans doute très proche du visage de York – alors baptisée Jorvik – avant l’An Mil. La visite est riche et il est conseillé d’y passer du temps. Tout aussi impressionnante est celle de la cathédrale York Minster l’une des plus grande du pays. De la fondation du premier édifice religieux en bois, à l’ère Viking, jusqu’à l’importante restauration à 30 millions de francs dont l’église gothique aux 128 vitraux a profité dès 2011, ce sont quelqu 1400 ans d’histoire qui s’y dévoilent.

S’y rendre Trois vols quotidiens entre Genève et Manchester avec Easyjet. Depuis l’aéroport de Manchester, des trains desservent régulièrement la gare de York.

Pratique : Savourer Fish and chips, hamburger ou curry : faites votre choix. On recommande un petit détour au Ye Olde Starre Inne, le plus vieux pub de York, où les portions sont généreuses. www.visityork.org

 

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