06/02/2014

JAPON

BIENVENUE AU PAYS DU SOLEIL LEVANT !

Récit par Alain Bossu


 

groupe devant le Pavillon d'or à Kyoto.JPG

Et s’il n’existe que deux sortes de voyages sur cette Terre, le Japon et le reste du monde ? Et que retenir de ce séjour aux couleurs d’un automne qui commençait à rougir ?

Le groupe des 26 personnes qui ont participé au voyage-lecteurs Tribune de Genève/24 heures découvrait le Japon pour la première fois et les images sont revenues, pêle-mêle ou au rythme des émotions, dans l’A 380 d’Air France pour le retour. Alors, le mont-Fuji aperçu sur la gauche depuis le train Shinkansen qui nous arrête en gare de Shin-Fuji ou Hiroshima, avec son Dôme survivant et le musée de la Paix ? La fourmilière de Tokyo ou la grâce des promenades dans les jardins des temples de Kyoto ? Ces images et tant d’autres encore  restent gravées en mémoire, même si la pluie fut plus souvent présente que… le Soleil Levant !

Et si, finalement, ce qui nous frappe le plus ne se rapportait pas un paysage, ni même à un devoir de mémoire, encore moins à la gastronomie japonaise pourtant très variée… mais à une pluie de détails en même temps qu’un plaisir de découverte. Tout a commencé au matin du 28 octobre avec l’arrivée sur l’aéroport d’Osaka. Joachim Arndt, notre guide francophone cultive le souci du détail… horaire. «Quand on dit départ à 8h, prévient-il, cela veut dire que le bus part à 8h. » Et tout le monde l’aura compris. Et au Japon, lorsque le bus s’en va, l’employé de l’hôtel qui veille à notre bien-être jusqu’au bout, saluera… jusqu’à ce qu’il ne nous voie plus. Quant aux chauffeurs de bus ou de taxi, ils portent casquette et gants blancs.

Osaka, donc ? L’aéroport est posé sur une île artificielle qui… s’enfonce davantage que prévu. Nous avons l’impression d’un territoire de démesure qui ne s’arrête guère avant Kyoto, notre première escale. Kyoto est la seule grande ville du Japon qui ne soit pas portuaire. Les visiteurs la chérissent pour son vieux quartier Gion pour apercevoir une vraie Geisha, ses temples, sa verdure et ses forêts dès que l’on sort du centre moderne et commercial. C’est ici que nous apprenons à ôter les chaussures pour le Chanoyu, la cérémonie du thé, comme pour déguster les plats servis dans les restaurants traditionnels.

Puis ce sera la découverte du temple Ryoanji, pour son fameux jardin zen. On aura beau essayer, il faudra s’en convaincre : ici, l’on a poussé le souci du détail jusqu’à ne jamais pouvoir embrasser en un seul regard les 15 rochers de ce jardin. Seulement 14 à la fois ! Alors, on commence à se dire que le Japon est vraiment étonnant.

Kyoto, c’est aussi le Pavillon d’or et le Pavillon d’argent, le chemin des Philosophes, le château Nijo. Les premières huîtres grillées aussi car on ne mange pas les huîtres crues au Japon. Les premiers vins japonais aussi. Et, pour certains, un verre de ce whisky japonais qui compte parmi les meilleurs du monde dans toutes les dégustations.

Mais nous partons déjà pour le berceau de la culture japonaise, Nara, première capitale. Un véritable trésor à découvrir. Dans le bus, Joachim détaille la vie courante d’un pays où 15% seulement de la superficie est habitable, où la règle de politesse est de… garder quelqu’un à distance, ou dire «non » relève de la gymnastique dialectique. Un exemple : « Oui, c’est une bonne idée… ça veut dire non !»

Pendant ce temps, le voyage continue. Soudain, les cœurs se serrent. Chacun avait bien vu la première mention sur un panneau lors d’un arrêt dans un parking autoroutier. Cette fois, nous approchons, nous entrons dans la ville, moderne, commerciale, souriante même. Les jeunes filles rient, nous regardent, parlent et acceptent d’être prises en photo. Nous sommes jour d’Halloween… à Hiroshima. Musée, mémorial, Parc de la Paix avec le Dôme de Genbaku, seul bâtiment encore debout après… l’explosion.

Nous prenons le train à l’arrêt Atomic Bomb Zone. Direction le port et le ferry pour Miyajima, la magnifique île sacrée avec son sanctuaire tsukushima et son grand Torii rouge. Tiens, les huîtres grillées ou pochées sont aussi une spécialité locale, beaucoup de biscuits aussi, fabriqués devant vous.

Nous quittons la région à bord du Shinkansen, ce fameux train rapide avec ses sièges que l’on tourne dans l’autre sens à l’arrivée et ses contrôleurs qui saluent respectueusement à l’entrée et la sortie de chaque voiture. Un souci du détail qui va jusqu’à la ponctualité. Le Shinkansen accumule les retards. Une moyenne… de 18 secondes par an depuis son lancement en 1964 !

Dans la mémoire, d’autres souvenirs s’égrènent. Nous sommes sur les hauteurs d’Hakone. Le mont-Fuji (Fujisan) est juste devant avec ses 3776 mètres mythiques. Nous nous trouvons dans la Grande Vallée bouillonnante. Tout sent le soufre et l’on y cuit des œufs dans une eau chargé de soufre. Ils deviennent noirs. En manger un vous offre sept ans de vie supplémentaire!

Et c’est avec cet espoir que nous rejoindrons Tokyo, à 70 km et, plus tard, Nikko parce qu’un dicton qui ne fait pas dans le détail affirme que l’on ne doit pas employer l’adjectif merveilleux, tant que l’on n’a pas vu Nikko, ses temples dans la forêt montagneuse. Une vraie merveille, donc.

Ah oui, dernier détail. Au Japon, pour se marier, on ne met pas d’alliance. On échange trois verres de saké !

 

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