23/10/2012

NAMIBIE - La Suisse de l'Afrique !

Le récit du voyage

 

par Michèle Paoli


 

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La stabilité politique de ce magnifique pays, riche de savanes peuplées de lions, rhinocéros, zèbres, girafes, éléphants, oryx, springboks, oiseaux, etc.… mais aussi d’extraordinaires déserts avec des dunes géantes, nous a permis  de passer un magnifique séjour.

Voici donc le récit de ce superbe périple, mais avant toute chose je tiens à remercier :

Nicole Benois, Michèle Chermet, Maryse Cruchon, Gilbert et Françoise Decourioux, Roxanna Dunnette, Michel et Huguette Fivaz, Laurent-René et Francine Martin, Ling et Antoine Perrelet, Raymond Portier, André et Yvonne Reymond, Roselyne Scherler, Dominique-Hélène Slatkine, Ella Stalder, Rolf Stoeckli, Micheline Truan, Nadia Viard, sans oublier Marianne Duruel, géographe, photographe et naturaliste de terrain qui nous a accompagnés durant tout le périple en essayant de nous transmettre son savoir.

Lundi 1er et mardi 2 octobre

Le voyage est long. Plus de 19 heures de vols et de transferts. Pourtant, nous arrivons frais et dispo à Windhoek, capitale de la Namibie, puisque nous ne subissons pas les chaos physiologiques du décalage horaire.

Après toutes les formalités d’usage et rencontré notre guide, Marc Haubert, un des meilleurs guides francophones les plus expérimentés de Namibie, ainsi que notre chauffeur, Jefta, originaire du peuple des Hereros, victimes entre 1904 et 1911 d’une répression féroce de la colonisation allemande, nous prenons la route à bord d‘un car direction Mariental, situé à la lisière du désert de Kalahari. Terre ancestrale des Bushmen, le Kalahari recouvre également une partie des terres du Botswana et de l’Afrique du sud. Ce désert se caractérise par une alternance de dunes rouges longitudinales et de pans asséchés.

Durant notre trajet, qui dure environ plus de 4 heures, Marc se présente à nous en expliquant qu’il est de nationalité belge, né au Congo, et que suite à la situation politique de ce  pays, il décida – comme beaucoup d’autres compatriotes - de venir s’installer en Namibie où il vit heureux avec son épouse et leur fille.

Nous arrivons en fin d’après-midi à Anib Lodge, à 35km au nord-est de Mariental. Après avoir pris possession de nos chambres et surtout pris une bonne douche, nous nous retrouvons autour d’un grand buffet sans trop nous attarder, car le lendemain commence notre périple.

Mercredi 3 octobre

IMG_7542.jpgLe lever est matinal. 6 heures du matin. Nous partons pour une excursion en véhicule 4x4 dans la réserve privée du lodge. Il fait encore sombre. Le soleil pointe à l’horizon. La température a nettement baissé durant la nuit. Nous roulons depuis environ un quart d’heure, quand au loin nous apercevons cette bête au visage doux et curieux, au très long cou et aux pattes très fines : la girafe. C’est notre premier grand animal et les caméras clignotent. Nous commençons à matraquer. Le jour pointe. Nos « rangers » nous arrêtent sur un terrain plat pour un café-biscuit fort agréable. Nous reprenons la route en faisant plusieurs arrêts photos. Arrêt devant un « nid » d’une dizaine d’œufs d’autruches. Nous formons une ronde devant ces magnifiques choses qui pèsent environ 1,5 kg chacune. Nous écoutons avec beaucoup d’intérêt les explications du ranger sur les autruches, la fécondité des œufs, etc.  Lors de nos quelques moments de shopping, nous constaterons qu’outre l’aliment, l’œuf d’autruche est un magnifique objet décoratif dont la coquille épaisse se prête à la peinture. Nous continuons notre route et apercevons au loin les premiers springboks, genre de petite antilope vraiment jolie, que nous retrouvons tout au long de notre périple en grande quantité. Nous nous arrêtons ensuite pour observer lesIMG_7563.jpg « HLM » des tisserins, nom donné à de nombreuses espèces d'oiseaux de genres variés. Ces petits passereaux vivent en colonies dans un même nid à petites galeries ou chambres, qui peut peser jusqu'à une tonne. Très bien organisés, ses nids sont rafraîchis par une disposition qui peut faire varier la température de 10 °C par rapport à l'extérieur.

Après notre premier safari, nous reprenons la route et bien que les pistes namibiennes soient assez bonnes, nous ne pouvons pas rouler très vite. Nous nous dirigeons vers Sossusvlei en faisant une halte pour notre déjeuner à Maltahöhe. Cet arrêt nous conduits chez Brian qui nous accueille dans son restaurant, tenu également par sa maman, qui nous a concocté un sympathique repas. D’aucuns passent également dans sa boutique où Brian vend et présente quelques objets africains. Après notre repas, nous assistons à un spectacle de chants et de danses namibiens d’un groupe d’adolescents qui s’assurent ainsi un petit pactole pour des fournitures scolaires. Arrivée à Sossulsvlei Lodge en fin d’après-midi où nous prenons possession, pour les deux prochaines nuits, de nos chambres, mi-tentes/mi-bungalow.

IMG_7597.jpgJeudi 4 octobre 

Petit-déjeuner matinal au lodge pour partir ensuite direction Sossusvlei pour profiter du lever du soleil. La route est longue. Notre car ne pouvant prendre le dernier bout de route, nous nous transférons, comme beaucoup d’autres touristes, dans des 4x4 pour faire les derniers 5 kilomètres qui nous mènent dans une vallée entourée d’immenses dunes. Les dunes de Sossusvlei sont les plus hautes du monde : 350 m de sable rouge. Leur couleur ocre est due à l’oxydation du sable. Le spectacle est saisissant. Le lac, asséché au milieu des dunes, nous offre des images superbes.  La présence d’acacias ainsi que les premiers arbres solitaires au pied des dunes colorées donnent de magnifiques premiers plans pour nos photos. D’aucuns – plus courageux et alertes – partent avec Marianne grimper au sommet de la plus grande dune et pour descendre ensuite, joyeux en courant ou en marchant les pieds en « canard » pour éviter de « piquer une tête ». Nous les attendons sous un soleil qui se faisait de plus en plus brûlant. Retour ensuite en 4x4 jusqu’à notre car. Nous retournons à notre lodge pour un déjeuner bien mérité. Après une pause de deux heures, nous partons pour une courte distance parcourir le canyon de Sesriem. Créé par la Tsauchab river, ce canyon offre une structure géologique des plus intéressantes :   les agglomérats rocheux témoignent d’une formation datant de plus de 15 millions d’années (wikipedia). Retour au lodge et premier rendez-vous de Marianne pour une mini-conférence sur les coléoptères et autres insectes.

Vendredi 5 octobre

Nous partons en tout début de matinée, après un bon petit-déjeuner, pour une longue route vers le nord. Premier arrêt à Solitaire, sorte de mini-ville perdue au milieu des plaines désertiques, telle que Bagdad Café. Station-essence, petite boutique et une pâtisserie où nous nous régalons d’un excellent strudel aux pommes. On continue la route vers le canyon de Kuiseb, rivière importante en Namibie, puisqu’elle arrête la progression des dunes vers le nord. IMG_7713.jpgArrêt devant la stèle indiquant le passage du « Tropique du Capricorne » pour photo-souvenir. Continuation vers la côte namibienne et Swakopmund. Marc propose, à ceux ou celles qui le désirent, un tour en montgolfière pour le lendemain matin, afin de survoler les dunes. Roxana est tentée. Elle s’inscrit. En revanche, Michelle, Yvonne et André optent pour un tour en petit avion. Arrivée à Walvis Bay, nous nous arrêtons pour un excellent déjeuner au restaurant « Lyon des sables », tenu par deux Lyonnais, qui – d’après Marc – est une des meilleures tables de Namibie. Sa situation est assez fantastique, car la terrasse du restaurant surplombe l’océan dont les vagues et les mouettes nous offrent une belle vision de vacances.  Après cet agréable repas, nous nous dirigeons vers Swakopmund, ville et station balnéaire située sur la côte atlantique. Elle fut fondée en 1892 par les colons allemands  à une cinquantaine de kilomètres au nord du grand port de Walvis Bay. Elle compte aux alentours de 42 000 habitants. C'est sans doute la ville de Namibie où on parle le plus allemand (importante communauté germanique) et Afrikaans. Elle est d'ailleurs considérée comme l'une des villes les plus blanches d'Afrique australe (wikipedia). Le temps a changé. Il fait humide et frais. Nous prenons possession de nos chambres dans l’un des plus élégants hôtels du pays. Nous avons le temps de faire quelques achats avant de nous retrouver, avant le repas, autour d’un verre pour le cocktail de la Tribune de Genève/24heures. Moment sympathique qui nous permet de nous connaître encore plus.

Samedi 7 octobre

C’est ma plus belle journée ! Elle est faite d’émotions et de sensations. Après notre petit-déjeuner, nous prenons la route pour Walvis Bay, le plus grand port du pays et le seul en eau profonde entre Luanda (Angola) et Cape Town (Afrique du sud), soit sur une distance de 3000 km. Une fois arrivés au port, emmitouflés dans nos doudounes, nous prenons place dans un bateau, «le kalina » où un jeune et sympathique marin nous accueille. Marc nous sert d’interprète. Nous allons faire une croisière, suivis tout d’abord par de superbes pélicans, des mouettes et ensuite IMG_7788.jpg« Junior ». Junior est une jeune otarie qui suit le bateau, sur une petite distance, pour venir quémander du poisson. Notre hôte ouvre la barrière du bateau et Junior se jette sur la plate-forme où nous avons la joie de l’admirer, le toucher, le caresser et le brosser à rebrousse poils pour constater que sa peau ne se mouille pas. Après avoir ingurgité une dizaine de poissons, Junior repart dans son milieu naturel et va retrouver des milliers de congénères que nous apercevons sur un banc de sable au loin. Des milliers de flamants roses illustrent ce paysage marin de toute beauté. Ce ne serait pas complet, si nous n’apercevions pas notre ami Flipper, le dauphin. Il y en a quelques uns et nous restons, les yeux rivés sur l’eau, pour les voir sauter. Un petit apéritif nous est offert et nous débarquons ensuite entre désert et océan. Trois 4x4 nous attendent et nous voilà partis pour Sandwich Harbour, pour deux ou trois heures de route sur le sable – la piste n’est plus tracée à cause de la tempête. Le brouillard est présent et ne semble pas se lever. Nos guides-chauffeurs savent vraiment manier leur véhicule. La vitesse les gagne. Heureusement que nous sommes à jeun, car je ne sais pas si nous aurions gardé notre repas.

Les 4x4 longent l’océan à très vive allure. Ils grimpent les dunes, les descendent sur la face à 45°. On entend un grondement lors de la descente. C’est le bruit créé par le frottement du sable chaud. J’ai peur. Mais Dominique a encore plus peur que moi. Elle crie. Elle veut que ça cesse. Mais c’est tellement enivrant que tout se mélange : la peur, l’adrénaline, le bonheur, la joie, et même la douleur car notre dos est mis à rude épreuve. C’est fabuleux ! IMG_7840.jpg

L’aventure se termine au pied d’une dune. En moins de cinq minutes, les chauffeurs sortent tables, chaises et nourriture du 4x4 et au milieu du désert nous dressons un restaurant avec une vue à 360°. Une merveille ! Apéritif au champagne, huitres laiteuses à souhait et un assortiment de plats que nous dévorons. Cette course dans le désert a attisé notre appétit. Nous reprenons la route avant que la marée nous emprisonne et, en passant par l’usine de sel à usage chimique, nous apercevons une hyène brune à la recherche d’une proie, deux ou trois chacals, des springboks, une multitude d’oiseaux, lézards, etc. Retour à notre hôtel et dîner dans un superbe restaurant de poissons. Je n’oublierai jamais ce repas à la carte que j’ai choisi : des huitres et une sole grillée. J’en ai encore l’eau à la bouche….

Dimanche 7 octobre   

Petit-déjeuner et départ vers le Damaraland. Arrêt vers la petite ville minière où l’on peut apercevoir le Brandberg, le IMG_7904.jpgplus haut sommet de Namibie (2.585 mètres), bloc de granit situé au milieu du désert du Namib. Déjeuner en cours de route et visite du célèbre site de Twyfelfontein où nous découvrons des gravures rupestres d’environ 6000 ans qui représentent tous les animaux de la région de l’époque : girafes, éléphants, autruches, antilopes, rhinocéros, lions, etc. Ce cirque montagneux est époustouflant. L’idée de construire un lodge au flanc de ces montagnes est audacieux, mais féérique. Nous terminons la journée par une conférence donnée par Marc sur les lions du désert.

Lundi 8 octobre

Petit-déjeuner matinal et départ pour Estosha. En chemin, nous nous arrêtons faire une visite de la forêt pétrifiée. Nous découvrons les mystérieuses Welwitschia Mirabilis, plante typique du désert duDSCN1175.JPG Namib, qui peut vivre plus de 2000 ans avec une seule paire de feuilles. C’est une plante très protégée, car exceptionnelle. Nous continuons notre route pour faire une halte au Vingerklip, doigt de pierre érigé en équilibre sur une butte. Nous nous dégourdissons les jambes une petite demi-heure pour reprendre la route en vue de notre déjeuner.

Etosha : nous voici arrivés au célèbre parc national, réserve naturelle d’animaux sauvages. Ce parc de plus de 2 millions d’hectares est l’un des plus grand d‘Afrique. Il est entièrement entouré d’une clôture visant à protéger les fermes voisines des carnivores. Nous prenons possession de nos chambres dans l’Okaukuejo Camp situé dans l’enceinte de la réserve. Nous avons la chance d’avoir des bungalows tout près du plan d’eau où les animaux viennent le soir et la nuit s’abreuver. Tout est fait pour les touristes. Des bancs autour du plan d’eau artificiel éclairé la nuit, bien évidemment encerclé d’un mur en béton et de barrières en fer, des projecteurs et des centaines de touristes déjà installés pour voir les premiers animaux. Nous avons la DSCN1274.JPGchance, après notre diner, de voir des girafes, des rhinocéros venant boire et dans la nuit deux lions. 

Mardi 9 octobre

 Petit-déjeuner et départ matinal pour une journée de safari en véhicule ouvert. C'est certainement le moment le plus attendu de notre circuit. voir et entendre les animaux sauvages. Nous avons la chance, nous dit marc. Nous avons vu les "big five" : lions, guépards, buffles, éléphants et rhinocéros. Sans oublier les oryx, les autruches, les zèbres, des multitudes d'oiseaux, les girafes, les gnous, les élans, les koudous, impalas et autres antilopes et même 4 ou 5 lionceaux cachés dans des buissons. La maman devait être allée à la chasse. Cette gigantesque étendue est le théâtre de divers paysages que nous ne sommes pas prêts d'oublier.

Mercredi 10 octobre

Plus de 6 heures de route nous attendent. Nous prenons la direction de la capitale, car le lendemainIMG_8076.jpg c’est le retour vers le réel. Notre déjeuner se déroule dans un domaine de vin où nous sont proposées une visite et une dégustation. Nous reprenons la route et arrivons vers 16 heures à Epako Lodge pour notre dernière nuit. Après avoir pris possession de nos chambres, d’aucuns – les plus courageux car l’eau est froide – profitent de la piscine, d’autres se reposent et certains vont prendre les derniers photos de ces paysages uniques.

Un cocktail au champagne nous est offert par « Grands Espaces », respectivement Marianne et Marc, et après un bon diner devant un spectacle mythique – quatre rhinocéros, des gnous, des impalas, des girafes qui s’abreuvent au plan d’eau – nous profitons d’une bonne nuit pour accepter – c’est sûr – la fin de cette belle épopée. IMG_8164.jpg

Jeudi 11 octobre

Petit déjeuner très tôt pour certains pour un ultime safari dans la réserve d’Epako Lodge et réveil moins matinal pour d’autres…

Nous reprenons la route pour arriver à 13heures à l’aéroport de Windhoek, avec un départ à 14h.55 qui nous emmène dans l’autre hémisphère où la réalité nous attend.

A bientôt les amis, pour une autre aventure ! !

 

Commentaires

Quel bonheur de te lire ! Tu es vraiment douée pour me faire revivre ce fabuleux voyage en Namibie à travers ton récit et tes photos.
Merci pour tout cela et surtout pour ta joyeuse compagnie.
Je t'embrasse. Micheline

Écrit par : TRUAN Micheline | 26/10/2012

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