02/04/2012

SPLENDEURS DU MYANMAR

Le récit du voyage

 

par Michèle Paoli

 



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Vous prenez une poignée de Genevois,  une poignée de Vaudois, un Valaisan - tous lecteurs de votre journal - et vous avez un groupe homogène, super sympathique, qui a choisi de partir pour deux semaines à la découverte du Myanmar.

Voici donc le récit de ce magnifique périple, mais avant toute chose je tiens à remercier : Edith Alleygroz, Sergio et Marianne Boada, Daniel et Elisabeh Descloux, Pierre Flamand, Yvan Fracheboud, René Friedli, Claude Gaulis, Sylvia Lutz, Denis Morel, Corinne Muhlethaler, Raymond Portier, Pascale Steck, Micheline Truan et Malgorzata Woznowski pour avoir choisi de partir avec leur journal et l'agence Lets Travel.

Lundi 27 février, 8 heures : rendez-vous à l'aéroport de Genève-Cointrin pour un premier vol : Genève-Abu Dhabi. Ensuite, 2e vol : Abu Dhabi-Bangkok  et enfin 3e vol : Bangkok-Yangon où nous sommes rendus mardi 28 février au matin. Premier grand changement, le climat. Il fait chaud. Notre guide, Thi Thi Aung, nous attend avec le chauffeur et son assistant. Trois personnes pour nous accueillir. La bienveillance de ce peuple est un vrai trésor pour ce pays. Toutes les personnes que nous avons eues la joie de côtoyer n'étaient que sourire, gentillesse et prévenance. Thi Thi en était la perle.

Nous prenons possession de notre car. Rien durant ce voyage n'a été pour nous une charge. Nous allions nous laisser vivre dans une douceur bienveillante.

Thi Thi nous propose une visite de la ville en car, l'hôtel ne pouvant nous accueillir qu'à 12 heures. D'un français impeccable, avec quelques confusions dans les adjectifs féminin-masculin ce qui rend « notre » Thi Thi encore plus adorable et charmante, elle nous fait un topo sur la géographie et la démographie de son pays en nous signalant que la capitale du Myanmar est Naypyidaw. Le pays est divisé en sept régions et Thi Thi va nous en faire visiter deux : Yangon avec sa capitale Rangoon et la région de Mandalay avec sa capitale du même nom.  En 1996, la Birmanie a changé de nom et s'appelle depuis Myanmar avec ses 72 mios d'habitants. Yangon, 6 mios d'habitants, est le centre économique de ce pays. C'est un centre de commerce très affairé, mais les traces du passé restent évidentes dans des édifices bouddhistes, tels que la pagode Sulé, vieille de deux mille ans, la pagode Shwedagon, l'image de la Birmanie, qui fête actuellement ses 2600 ans, dans ses marchés, dans ses quartiers chinois, thaïlandais, indiens et dans l'architecture coloniale anglaise. Ne pas oublier que les Britanniques ont régné sur le pays en 1885 et l'ont libéré le 4 janvier 1948.

Rangoon est une ville « très verte » avec beaucoup d'arbres, de parcs, mais malheureusement elle a perdu un peu de sa richesse naturelle à cause du cyclone qui a ravagé la ville le 2 mai 2008 ainsi que tout le sud du Myanmar, désigné sur la carte « la jambe et le pied du pays ». Avant d'arriver à notre hôtel, Thi Thi nous apprend que son pays est frontalier avec le Bangladesh, l'Inde, la Chine, la Thaïlande et le Laos. Jusqu'en 1980, Myanmar était un des pays le plus riche d'Asie du sud-est, grâce à la production du teck et de l'agriculture, telle que le riz. Actuellement, le plus gros pays producteur de riz est le Vietnam. Concernant les richesses du Myanmar, Thi Thi, nous informe, avec fierté,  que son pays possède des mines de pierres précieuses, comme le jade, le rubis, le saphir, l'argent, sans oublier, bien évidemment, une autre richesse : l'agriculture. Arrivés à notre hôtel, le Kandawgyi Palace Hôtel, nous prenons possession de nos chambres, superbes, et un petit moment de repos nous est accordé après ce long voyage.

IMG_6304.JPG16 heures : Thi Thi vient nous chercher et nous revoilà partis pour une promenade à pied, dans le centre ville, à travers les quartiers chinois et indien. Avant toute chose notre guide tient à nous apprendre quelques mots en birman. Le premier sera MERCI, dès lors que nous allons souvent le dire, les Birmans étant un peuple d'une grande politesse et gentillesse et sont heureux d'entendre les touristes prononcer quelques mots de leur langue. Merci se dit : Jesubè. Je l'écris phonétiquement, bien sûr. Disciplinés, Thi Thi ouvrant la marche et moi la fermant, nous pénétrons dans les rues fourmillant de marchands de poissons, de viande, de légumes, de fruits, de vêtements. Tout ceci posé sur des bâches à même le sol, dans la poussière, les odeurs et la fumée des voitures et motos. C'est surprenant, mais très intéressant de sentir l'atmosphère de cette ville et de voir comment la population vit. La communauté chinoise est très importante au Myanmar. Thi Thi nous informe que les Birmans reconnaissent le rang des Chinois selon la longueur des manches de leur vêtement. Manches courtes, ils font partie du peuple. Manches longues, ils font partie de la bourgeoisie et sont riches. Il y a les temples pour les « manches courtes » et les temples pour « les manches longues ». L'air amusé et l'œil moqueur, on se regarde pour savoir qui de nous peut entrer dans ce temple chinois où Thi Thi nous mène. Ouf... J'ai des manches longues.... Le centre ville de Rangoon est un concentré de communautés, chinoises, indiennes, birmanes, où toutes les religions sont représentées : bouddhisme env. 90%, chrétiens, musulmans. Les Birmans sont très tolérants à l'égard des autres religions et ils se respectent mutuellement. Notre promenade nous conduits vers la pagode Sulé, non loin de l'hôtel de ville, d'une église et d'une mosquée. Thi Thi nous informe que durant tout notre séjour au Myanmar, nous devrons déchausser pour pénétrer dans tous les lieux religieux. C'est ainsi que, après avoir retiré nos chaussures et chaussettes, nous entrons dans le sanctuaire, sorte de déambulatoire que nous parcourant dans le sens  des aiguilles d'une montre. Beaucoup de fidèles viennent  ici vénérer Bouddha. La pagode Sulé aurait été édifiée, d'après les écrits, deux siècles avant l'éveil de Bouddha.

 

Retour à notre hôtel en passant par le quartier colonial avec ses anciens bâtiments, comme la vieille poste et le port de Rangoon. PourIMG_7229.JPGsatisfaire notre curiosité sur le maquillage des femmes birmanes et des enfants, Thi Thi nous explique qu'il s'agit d'une pâte cosmétique blanc-jaune, d'origine végétale, utilisée pour couvrir le visage et parfois les bras afin de se protéger du soleil. Contrairement aux Occidentaux, les Birmans aimeraient avoir la peau plus claire. Cette crème est produite à partir du bois de plusieurs arbres poussant en Birmanie centrale et s'appelle « thanaka ». Le thanaka est vendu sur les marchés en petits rondins ou en fagots, mais on le trouve aussi sous forme de poudre ou de pate.

Notre dîner se déroule dans le beau restaurant de l'hôtel et nous avons la chance d'être tous réunis autour d'une grande table.

Mercredi 29 février : notre matinée va être consacrée à la visite de la pagode Shwedagon. Thi Thi nous apprend un deuxième mot birman : bonjour = mingalaba.

 

 

IMG_0210.JPGDéchaussés, nous pénétrons dans cette splendide pagode,  par la porte sud et notre guide nous appose un sticker qui mentionne par quelleporte nous sommes entrés. On raconte que la pagode Shwedagon aurait cette année 2600 ans. Nous avons de la chance, nous dit Thi Thi, car nous pouvons admirer les 2'600 variétés de fleurs que le peuple birman est venu apporter pour ce grand événement. Thi Thi, quant à elle, en a déposé cinq différentes. Cette pagode est très importante pour les Birmans, car elle renferme les reliques des quatre Bouddhas birmans, ce qui est unique dans le monde. Shwedagon est l'image de la Birmanie et tous les bouddhistes y vont au moins une fois dans leur vie. Après une visite d'une heure et demie, nous partons au monastère Kyauk Htatgyi voir le Bouddha couché - 15m de hauteur et 65m de longueur, construit en 1944 par un très riche Birman -   qui m'avait déjà beaucoup marqué lorsque j'étais venue en 2002. Sur la plante des pieds, il présente 108 signes et Thi Thi nous explique que Bouddha a vécu toutes ces vies ou expériences avant de devenir Bouddha. C'est un prince indien qui, à 29 ans, a quitté son palais, sa famille (femme et fils) pour aller vivre seul dans la forêt durant 11 ans dans une grande misère. Il a beaucoup souffert et c'est à 40 ans, après une illumination, qu'il est devenu le quatrième Bouddha, prénommé Gautama. De 40 ans à 80 ans, il a beaucoup voyagé pour faire connaître le bouddhisme. Actuellement, les bouddhistes attendent leur cinquième Bouddha qui d'après Thi Thi va apparaître dans le monde.

Thi Thi nous explique les positions de la main de Bouddha : dans le monde entier il y a 62 positions de mains des Bouddhas qui toutes ont une

IMG_1023.JPG signification. Au Myanmar, nous dit-elle, il y en a 12. La position (mudra en birman) que nous voyons en ce moment, s'appelle « Prendre la terre pour témoin ». Bouddha est assis, jambes croisées, la main gauche sur les jambes et la main droite qui touche la terre avec les 4 doigts. La position « méditation » : les deux pouces des mains de Bouddha se touche. Concernant « Le bouddha couché », il y a deux représentations : soit la mort, soit le repos.  Si les deux pieds sont décalés, Bouddha est au repos, allongé. Si les deux pieds de Bouddha sont collés ensemble, légèrement gonflés, c'est la mort de Bouddha. Cela signifie «Le Nirvana ». Thi Thi nous signale également qu'à chaque époque et à chaque région, les Bouddhas n'ont pas le même costume, ni la même coiffe. C'est ainsi que les Birmans reconnaissent d'où vient le Bouddha.

Après notre déjeuner, nous nous dirigeons vers l'aéroport pour prendre l'avion à 14h.30.  Notre vol dure 1h.20 pour atteindre l'aéroport d'Heho, de l'Etat Shan. Un bus nous attend pour nous conduire à l'hôtel et ensuite promenade dans la ville de Kalaw, située à 1'300m d'altitude, l'une des plus fraîches de la région. C'est ici que les colons anglais s'y retiraient en été.  Des champs de thé, spécialité de l'état Shan, réputé au Myanmar, s'étendent à perte de vue. La végétation est très dense. Les paysages sont superbes avec de jolies combinaisons de couleurs dans les champs entre colza, riz et champs de labour.

Jeudi 1er mars : nous commençons notre journée par la visite des grottes de Pindaya. Chacun apprécie à sa façon, mais en ce qui me concerne, je ne suis pas très emballée par les centaines de représentations de Bouddhas, « déguisés » en princes ou en rois, qui s'exposent à nous. Ensuite, nous faisons la visite du marché de Kalaw où se bousculent des centaines de personnes brandissant le drapeau du pays, car on nous annonce que la Lady, Aung San Suu Khy, est attendue et donnera une conférence dans ce village. Chacun de nous a un petit drapeau et espère la rencontrer. Mais non, ce n'est pas le jour.

IMG_1095.JPGDepuis notre arrivée, nous attendons l'un des moments étonnants de notre voyage. C'est une expérience tout à fait locale et nous faisons preuve de beaucoup de patience, car le train - eh oui ! C'est de ceci dont il s'agit... - a énormément de retard. Tant les trains que les gares n'ont rien de comparables avec ceux de notre pays, bien évidemment. Après avoir attendu sur le quai, nous voici « éparpillés » dans des wagons, mélangés avec les Birmans, pour nous conduire à Nyaung Shwe. Environ 2h.30 de train. Thi Thi nous distribue notre déjeuner. Nous pique-niquons avec les Birmans qui eux mangent plus local. Une famille assise à côté de moi nous offre du poisson séché et autre légumineuse de la région. Je sympathise avec le garçon en lui offrant un stylo. Ce sont des gens vraiment gentils et chaleureux. Nous les amusons quelque peu car, pour nous, c'est un moment fantasmagorique : des câbles pendent du plafond des wagons, le plancher en bois est en très mauvais état, il y fait très chaud, l'odeur n'est pas des plus agréables, la propreté laisse à désirer et pour comble il y a une souris. J'hurle, je mets mes pieds sur la banquette et l'espace de deux minutes, je suis effrayée. Bien évidemment, je suis la risée du wagon... A chaque arrêt, sur les quais, des dames vendent des fruits, de la nourriture frite, très grasse, qu'elles portent dans des grands paniers perchés sur leur tête. Nous ne voyons pas le temps passé. C'est du bonheur !

Nous voici arrivés à Nyaung Shwe, centre touristique pour accéder au lac Inlé. Des pirogues nous attendent pour une croisière sur le lac où nous découvrons le mode de vie des Inthas qui ont développé ces techniques de navigation, de pêche et d'agriculture très particulière. Petite halte au monastère Ngaphe Chaung, très connu pour ses chats sauteurs, qui sont dressés pour se donner en spectacle aux touristes. On nous offre du thé vert et goûtons à une salade de thé frais pimenté. Curieux, mais bon.

Nous prenons possession de nos chambres dans le splendide Resort « View Point Lodge ». L'hôtel est tout récent et nous sommes logés dans des magnifiques bungalows, luxueusement équipés. Avant notre repas, j'accueille, au nom de la « Tribune de Genève » et de « 24heures » ainsi que de « Lets Travel », tous les participants à partager un délicieux cocktail dans une très belle salle ouverte avec vue sur le lac Inlé. Très agréable moment.

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Vendredi 2 mars : après une belle nuit et un bon petit déjeuner, nous partons pour la visite du marché local de 5 jours. Des marchands de toutes les ethnies de l'état Shan sont représentés. Ils se déplacent chaque jour et reviennent au même endroit tous les 5 jours. C'est coloré, c'est beau et toujours cette même gentillesse. Après la visite du marché, nous remontons sur les pirogues pour nous rendre au village NamPan. Tous les transports se font par bateau, soit à la rame, soit au moteur. Nous découvrons la façon unique des pêcheurs Inthas : debout, sur une jambe à l'arrière de leur pirogue, ils manœuvrent avec l'autre jambe une rame qu'ils guident de leur cheville, le pied posé derrière. Ils ont aussi une autre manière de pêcher : grâce à leur nasse, filet conique tendu avec une armature de bambous, ils capturent des carpes et des poissons-chats qu'ils harponnent par l'ouverture située en haut du filet. En revanche, les femmes rament de la manière courante, à la main, assises les jambes croisées à la poupe. Nous découvrons de nombreux petits villages sur les berges et sur le lac lui-même, oùIMG_6756.JPGs'érigent des maisons de bois et de bambous tressé sur pilotis. Les habitants cultivent des légumes et des fruits sur leurs jardins flottants qui sont formés de racines extraites des parties les plus profondes du lac. Ils vivent du produit de leur pêche et de leurs nombreux produits traditionnels dont ils font commerce. Nous arrivons au village Nam Pan. Le marché de Nam Pan est le plus important des marchés de cinq jours. Il suffit de voir le nombre de pirogues à l'amarrage. Nous nous faufilons à travers les allées étroites et encombrées en s'accommodant de la poussière et de la chaleur. L'ambiance est pittoresque, et ce qui est le plus surprenant pour nous ce sont les étals alimentaires où frémissent différents plats fumants aux odeurs diverses. Après notre visite, nous nous rapprochons de chez l'habitant pour déjeuner. Une grande salle est mise à notre disposition où sont dressées deux grandes tables presque à même le sol. Assis sur des coussins, nous nous délectons d'un délicieux repas qui nous est apporté, en pirogues, par le personnel de l'hôtel. L'après-midi, nous naviguons dans un canal très étroit, bordé de bambous où des gens se lavent, des femmes font la lessive, des buffles se désaltèrent, des enfants s'amusent en nous faisant des coucous. On ne parle pas la même langue, mais on échange des sourires et cela vaut beaucoup de mots.  Il fait très chaud. Nous arrivons au site d'In Dein connu pour ses temples et ses petits stupas. Ce n'est qu'en 2004 que le site fut ouvert aux touristes. Thi Thi nous informe que ce site s'appelait « territoire noir ». Il appartient à des ethnies qui s'appellent « Paho», ethnies habillées tout en noir avec des turbans colorés. A droite et à gauche, dans une végétation dense, s'érigent 2000 stupas du XVIIe siècle plus ou moins en ruines. Au milieu, un chemin tortueux, caillouteux nous conduits au temple principal. Les plus valeureux l'empruntent  jusqu'au dernier temple principal pour redescendre par le monastère Shwe Inn Tain. Notre retour à l'hôtel est très apprécié, car nous sommes tous fatigués de notre belle journée.

Samedi 3 mars : nous voici dans le bus, les valises dans la soute, car c'est notre départ pour Mandalay. Sur une route très sinueuse, nous sommes conduits jusqu'au vignoble Aye Thar Yar. Le propriétaire, un Allemand, installé dans la région, nous accueille. Son maître de chai, parlant le français, nous explique l'histoire de ce vignoble de 7 hectares qui produit du blanc, du rouge et du rosé dont nous faisons la dégustation. Après un excellent déjeuner, nous partons pour l'aéroport, envol Mandalay.

IMG_6922.JPGArrivés à Mandalay, nous faisons un tour de centre ville avant d'arriver à notre superbe hôtel, l'un des plus beaux de Mandalay. Quelle surprise à l'arrivée dans le lobby de lire sur le panneau : « Bienvenue Daw Aung San Suu Kyi » et « Bienvenue Tribune de Genève ». Une fierté s'empare de moi et je ne manque pas d'envoyer immédiatement une photo au journal. Nous apprenons qu'effectivement la Lady est descendue dans le même hôtel que nous. Elle va y rester deux nuits. Elle fait campagne dans la région et de nombreux partisans attendent sa venue à l'extérieur de l'hôtel. Nous comprenons alors les raisons de cette immense foule ainsi que de la police. Nous terminons notre journée par un agréable repas.

Dimanche 4 mars : nous avons appris qu' Aung San Suu Kyi va partir tôt pour sa campagne. D'aucuns de notre groupe sont déjà au lobby pour l'apercevoir. Pascale se faufile au milieu des gardes du corps et appelant la Lady immortalise ce moment par une photo. C'est un moment de bonheur car une grande douceur transpire de la Lady.

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IMG_6935.JPGNous commençons notre journée par la visite du pont de teck situé sur le lac Taungthaman à Amapura construit avec des colonnes de teck. Il traverse le lac sur 1.2 km pour aboutir près de la grande pagode KyautawgyiPaya, ce qui fait le plus long pont en teck du monde. Thi Thi nous informe que son pays est un grand producteur de teck qui est un bois très solide mais cher. Les artisans travaillent beaucoup cette matière pour en faire des objets, des meubles, des balcons, etc. mais aussi pour l’exportation.

Nous continuons notre tour par la découverte d'un atelier travaillant l'or. Les hommes font un vrai travail de force. Avec un gros maillet, ils écrasent l’or jusqu’à en faire des petites feuilles plus fines encore qu’une feuille de papier à cigarette. 25 gr. d’or représentent env. 2000 feuilles d’or. Les femmes font un travail plus minutieux et sont dans une salle fermée où nous pouvons entrer en ayant pris soin d’ôter nos chaussures et surtout de ne pas éternuer… Les Birmans achètent ses feuilles d'or pour les donner en offrandes aux bouddhas ou les coller directement dessus.

Nous poursuivons par un atelier de confection de tissus en soie ou en coton. Evidemment, nous, les dames, sommes dans un univers que nous connaissons bien : foulards, écharpes, longyi (costume traditionnel birman), etc…

Après ce moment très féminin, Thi Thi nous conduits voir le Bouddha Mahamuni, grande statue bouddhique. Mesurant 4m de haut, elle est constituée de 6,5 tonnes de bronze. Des feuilles d’or sont régulièrement ajoutées sur son visage qui est lavé chaque matin par les moines. C’est un lieu de pèlerinage important pour les Birmans.IMG_6976.JPG

Nous nous trouvons maintenant dans une rue uniquement consacrée au marbre. Bouddhas, animaux en marbre, les uns plus beaux que lesautres, pour terminer enfin par l’atelier du bois.

Lundi 5 mars : transfert à la jetée pour prendre un bateau local qui nous mène à Mingun. Mingun se trouve à 11km au nord de Mandalay, sur la rive opposée de l’Irrawady. Les bateliers de l’Irrawady habitent près de l’embarcadère et sont très pauvres. Cet endroit leur sert tant pour vendre le produit de leur pêche que pour laver leur linge ou se laver. Notre traversée finie, nous sommes accueillis par des attelages de buffles pour nous rendre à la pagode inachevée. Cette pagode entreprise en 1790 sous le règne de Bodowpaya, devait être la plus grande du monde. A la mort du roi en 1819, sa construction fut interrompue. D’une hauteur de 153m, elle devait accueillir une dent de Bouddha offerte par les Chinois. Inachevée, elle mesure 50m de haut, soit le tiers de sa hauteur initiale.  L’entrée se situe presque au bord de l’eau.

IMG_7029.JPGA quelques mètres nous trouvons la plus grosse cloche sonnante du monde. Elle mesure 8m de haut et pèse 90 tonnes.  A Moscou, se trouve  la cloche « Tsar Kolokol » du double du poids que celle-ci, mais elle n’a jamais sonné. Nous sommes escortés par des agréables Birmanes qui connaissent quelques phrases essentielles en plusieurs langues, comme « Comment ça va ? », « Vous êtes jolie », « C’est pas cher », car, bien évidemment, elles désirent vous vendre colliers, éventails, boîte laquée, etc..

Sur le chemin du retour, nous traversons une maison de retraite pour personnes âgées, même très âgées, et sommes invités à visiter les dortoirs qui sont très bien tenus, propre et bien rangé. Cet endroit a été offert par un riche mécène birman. La croisière de retour vers Mandalay, au soleil couchant, est un instant de grâce.

Ce soir, au bonheur, nous dinons à l’hôtel, dans le magnifique parc près de la piscine, et assistons à un joli spectacle de marionnettes.

Mardi 6 mars : nous quittons à nouveau l'hôtel, valises dans la soute, pour reprendre la route en direction de Monywa. Cœur du berceau de l'ethnie birmane des Bamar, Monywa, situé à 136 km de Mandalay, est un important négoce pour les produits agricoles. Après notre déjeuner, nous traversons la rivière Chindwin pour aller découvrir les célèbres grottes de Po Win Taung transformées en temples dédiés à Bouddha. Ces grottes, datant du 12e siècle, creusées dans la montagne, abritent des milliers de fresques et de sculptures d'Asie du sud-est. Il fait très chaud. Thi Thi nous promet une belle promenade au milieu de ces 2000 stupas. Elle prend soin d'ouvrir la marche en nous conseillant de ne pas « toucher » aux singes que nous risquons de croiser et de faire attention où nous marchons, car il y a des serpents... Encourageant ! Je me demande si je ne vais pas rebrousser chemin. Mais non, notre balade se passe très bien et c'est fatigués mais heureux que nous rejoignons notre hôtel Win Unity à Monywa.

Mercredi 7 mars : départ par la route le long de la rive ouest de l'Irrawady vers Pakkoku, centre urbain prospère grâce à la commercialisation des cultures de coton et de tabac. En chemin, nous découvrons un site archéologique abandonné de Kya Su Gyin où nous voyons de nombreuses pagodes du XVe siècle englouties par la montée des flots du fleuve Chindwin.

IMG_7387.JPGAprès le déjeuner, nous avons le plaisir de faire une croisière d'environ 2 heures sur le fleuve Irrawaddy pour rejoindre le site de Bagan où nous allons passer trois nuits dans l'hôtel Thazin Garden.

Jeudi 8 mars : notre journée est entièrement consacrée à la visite de Bagan. D'abord, promenade matinale très agréable dans le pittoresque marché de Nyaung Oo, avec ses nombreux marchands et, bien évidemment, nous nous laissons tenter par quelques souvenirs. Après la visite du marché, nous nous dirigeons dans le vieux Bagan pour visiter la pagode Shwezigon, monument en forme de cloche qui repose sur trois terrasses majestueuses avec son dôme massif recouvert de feuilles d'or qui étincellent d'une ardeur particulière sous le soleil. Ce stupa, construit en 1060,  est devenu le modèle pour tous les stupas érigés par la suite au Myanmar. Après la visite des principaux édifices du vieux Bagan, tels que le temple de Gyu Byauk Kyi, les ruines du Palais Royal, la porte de Tharaba et le célèbre temple Ananda, bijou de l'architecture birmane avec ses 4 immenses statues de bouddhas, nous sommes attendus par une escorte de calèches avec chevaux. Deux par deux dans des confortables chariots et en file indienne, nous arpentons des chemins à travers stupas et végétation pour rejoindre le temple de Thatbyinnyu, le plus haut temple de Bagan avec ses 61 mètres de hauteur. Le soleil disparait à l'horizon et son coucher nous offre un splendide tableau pour nos yeux, mais aussi pour nos appareils photos. Après cette magnifique journée, nous découvrons notre hôtel, situé dans le nouveau Bagan. Logés dans des confortables bungalows, nous nous préparons pour notre dîner qui s'annonce sous les meilleurs des auspices. En effet, la nuit commence à tomber et une grande table est dressée au milieu du parc, face à un stupa recouvert de feuilles d'or. C'est une soirée comme on en vit peu dans une vie. L'ambiance est gaie, le repas délicieux, le décor magique. Une belle nuit s'annonce à nous.IMG_7220.JPG

Vendredi 9 mars : l'histoire de la Birmanie, nous dit Thi Thi, commence à Bagan. Le site de Bagan comportait par le passé près de 10'000 temples. Il en reste actuellement 3'000. Bien évidemment, nous n'allons en visiter qu'une dizaine, car il fait très chaud à Bagan et les visites se font tôt le matin jusqu'à midi pour reprendre vers 16heures. Ce moment de repos est consacré soit à la sieste au frais dans les bungalows, soit au repos à la piscine. Dans le nouveau Bagan où commence notre visite, nous nous arrêtons dans un atelier de laque. Nous admirons de magnifiques pièces en laque et découvrons les techniques ancestrales de fabrication de cette spécialité artisanale. Visite ensuite du très beau temple de Gawdawpalin puis des monuments alentours, tels que Manuha, Myinkaba-Gubaukkyi, Nampaya et Nagayon.

IMG_7423.JPGAprès notre déjeuner, retour à l'hôtel pour ce moment de repos. Nous reprenons la route vers le village de Minnanthu à l'est du site pour un arrêt chez des paysans dont leur principale production est la récolte des palmes à sucre. Le paysan nous fait une démonstration d'agilité en grimpant dans les arbres dont les troncs sont minces et très hauts pour aller à la cueillette des grappes de fleurs dont on extrait le jus. Pour profiter encore du coucher de soleil, nous terminons notre après-midi par une mini-croisière sur le fleuve Irrawady ;  boissons et cacahuètes nous sont offerts. Arrivés à l'hôtel, Thi Thi nous donne rendez-vous pour une soirée surprise. Le car nous mène à quelques kilomètres de notre hôtel, en pleine campagne. Rien à l'horizon, si ce n'est une bâtisse-restaurant en bois. A la descente du car, nous sommes « happés » par des jeunes Birmans qui nous conduisent dans une salle où de magnifiques costumes nous sont proposés. Nous voici habillés en Rois et en Reines de l'époque. Toutes et tous, sans exception, nous retrouvons scintillants de tous les éclats en habits rose, mauve, bleu, blanc, ou jaune. La nuit est tombée et nous marchons vers une allée éclairée par des torches tenues par d'autres Birmans pour atteindre un endroit féérique. Des tables sont dressées pour nous uniquement, une estrade pour un spectacle et avant un délicieux repas l'apéritif nous est offert dans une ambiance extrêmement sympathique. Daniel nous fait une démonstration de danse avec de très belles  demoiselles suivis par quelques uns de notre groupe qui ne résistent pas au charme de ces belles Birmanes.

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Samedi 10 mars : après notre petit-déjeuner, nous partons pour le Mont Popa, ancien sanctuaire, haut lieu de pèlerinage birman, dressé sur un piton rocheux. Il est considéré comme la demeure de 37 esprits tutélaires du pays, les « Nats ». Le Mont Popa est aussi une oasis au milieu de l'aridité du centre de la Birmanie. Il possède plus de 200 ruisseaux qui alimentent la riche végétation poussant sur les cendres volcaniques fertiles. D'ailleurs, nous découvrons dans ce site magique un hôtel de toute beauté. C'est dans ce cadre enchanteur que nous déjeunons. Si le panorama est magnifique, la cuisine quant à elle n'est, hélas, pas des meilleures. Le car nous mène ensuite au pied du Mont Popa, ancien volcan dont, paraît-il, sa dernière entrée en éruption remonte à des centaines de milliers d'années. Toutefois, le Mont Popa n'est pas visité pour son aspect géologique mais pour son côté mystique et religieux.

IMG_7500.JPGPopa est le lieu de pèlerinage le plus important du pays. Nous devons déchausser, bien sûr. Ceux qui veulent monter au sommet doivent grimper les 777 marches. Il y a des valeureux, dont je fais partie et j'en suis moi-même très étonnée, qui pieds nus arpentent les marches. Nous croisons beaucoup de Birmans, des moines, des marchands et - eh oui ! - même des singes, genre macaques pas très gracieux. Thi Thi nous a bien expliqué : faut pas leur donner à manger, faut pas laisser apparaître des objets sur soi et faut pas porter de la nourriture. Faut faire comme si on ne les voyait pas... Difficile, car moi j'ai peur. Heureusement que mon amie Edith « me protège ».... Après cette aventure, nous partons direction l'aéroport pour le retour sur Rangon.

Nous retrouvons notre hôtel du premier soir et sans attendre sommes conduits pour notre dîner d'adieu au restaurant gastronomique Le Planteur, meilleur restaurant du Myanmar. C'est tout simplement splendide. Dans une végétation très fleurie, éclairée par des torches et des lampadaires, sur un son de musique birmane, nous sommes accueillis par la propriétaire de ce très bel établissement, une Zürichoise établie à Rangon. Notre voyage se terminant demain, ce soir c'est (encore) la fête ! Nous finissons en beauté : deux magnifiques tables nous sont réservées pour un succulent repas accompagné de très bons vins. Encore du bonheur !

Dimanche 11 mars : la matinée se déroule par des achats pour quelques uns et une promenade pour d'autres. Il fait très chaud. Avant notre départ pour l'aéroport, nous déjeunons dans un très grand hôtel 5 étoiles de Rangon, « The Strand ». Une visite et explications nous sont données par le directeur avant - encore - un excellent déjeuner.

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Au-revoir Thi Thi, nous ne t'oublierons pas ! Tu as été pour nous une guide et une amie fantastique. Tu nous a fait aimer ton beau pays et nous reviendrons, c'est sûr...

Prochain voyage du 26 novembre au 10 décembre 2012.


 

 

 

 

 

Commentaires

Bravo Michèle pour ton travail, courage pour la suite !

Pierre

Écrit par : Pierre | 03/04/2012

Félicitations pour le magnifique récit.Je revois tous nos fabuleux moments au long de la lectue.... C'est magique ! Merci chère Michèle de me faire revivre cet inoubliable voyage.
Edith

Écrit par : Edith Alleygroz | 04/04/2012

Merci Michèle pour ce beau récit, fidèle, intelligent et plein d'humour !
Bisous et bravo à toi.
Micheline

Écrit par : Micheline | 04/04/2012

Bravo et merci pour ton excellent récit d'un voyage exceptionnel ! Bises et à la prochaine
Raymond

Écrit par : Raymond | 04/04/2012

Désolé pour ce retard, mais je ne t'avais pas encore félicité pour tout ton travail dans ce blog.
A bientôt pour notre prochain voyage en ta charmante compagnie.
Bizzzzzzzzzzzzzz...

Écrit par : yvan | 31/08/2012

Les commentaires sont fermés.