29/04/2011

PAYS BASQUE

VIREE AU PAYS BASQUE

POUR LE PLAISIR DES YEUX ET DES PAPILLES

 

par Michèle Paoli


Vous prenez une grosse poignée de Genevois, une poignée de Vaudois, quelques Jurassiens et deux Fribourgeois et vous avez un groupe homogène, super sympathique, qui a choisi de partir pour une semaine dans le Pays Basque avec votre journal, du 9 au 16 avril 2011.

Fidèle à lui-même – souvenez-vous du voyage à Bordeaux l’année dernière – François, notre guide, a voulu nous concocter un périple dans le terroir basquais, hors des sentiers touristiques et proche de la nature et des gens. Voici donc le récit de notre voyage. Mais avant de raconter, je tiens à remercier Jean-Marie et Françoise Ardenti, Edy Balmelli, Gilbert et Marie-Claire Barrat, Monique et Christiane Delacrausaz, Joachim Ernst, Maurice et Arlette Guntz, Arthur et Minette Hublard, Raymond et Eveline Jaques, Edmond et Arlette Johl, Anne-Marie Mantel-Trinca, Richard et Suzy Mérier-Garnier, Marcel et Liliane Oberli, Cécile Roguet, Michel et Anne Rosset, Micheline Truan, Ludovic et Madeleine Volluz, Pierre et Raymonde Willen, Janine Worpe, de nous avoir fait confiance.

Samedi 9 avril: le rendez-vous est à 11heures à l’aéroport de Cointrin. Je les accueille avec quelques  cadeaux « Tribune de Genève » et « 24heures » et je devine que la semaine sera sympathique car « ils » sont tous sympathiques… Il y a « mes » habitués et d’autres à devenir, je l’espère. « Quand on goûte aux voyages du Club, me dit-on, on y revient ! » Ce n’est pas de moi, mais d’Eveline et de bien d’autres accoutumés.

Le vol est court. Nous quittons Genève sous le soleil.

14h.30 : arrivée à Biarritz. François nous accueille. Il ne change pas. Toujours égal à lui-même, à l’image de ses voyages et dans des rapports humains qu’il veut authentiques.

Pierrot, notre chauffeur, nous conduits à l’hôtel Hélianthal à Saint-Jean-de-Luz où nous prenons possession de nos chambres.  Idéalement situé à proximité du quartier piétonnier de la station et directement sur la plage, l’hôtel nous reçoit dans une ambiance raffinée et agréable.

On se rafraichit, on se désaltère et nous voilà partis avec François pour un tour de ville à pied de façon à ce que nous puissions nous repérer facilement. C’est rassurant, la mer nous sert de GPS. Nous saurons toujours nous guider. Saint-Jean-de-Luz est une charmante station balnéaire située au fond du golfe de Gascogne. La baie de Saint-Jean-de-Luz est un ravissement pour les yeux et grâce à ses digues qui la protègent des colères de l’océan, elle est devenue une station réputée de la Côte Basque.

Après avoir flâné, sur un rythme plaisancier, au cœur et autour des ruelles typiques de Saint-Jean, nous rejoignons notre hôtel afin de nous préparer pour notre première soirée ensemble.  Notre dîner est prévu dans une cidrerie, la Cidrerie Txopinondo à Ascain. Nous pénétrons dans une immense salle rustique où trônent des tonneaux de cidre, des tables rectangulaires où siègent déjà un grand nombre de personnes et une très grande cheminée d’où fuse une bonne odeur de cendre. C’est de là que surgit notre plat principal : la savoureuse txuleta (côte de bœuf). Je mentionnerai quelques mots en basque, car – comme nous l’a expliqué François et quelques uns de nos hôtes – la langue « euskara » est de plus en plus usitée dans la communauté basque. D’ailleurs, l’institut académique officiel qui se consacre à la défense de la langue a pour objectifs entre autres de promouvoir son usage, et plus généralement de la rendre apte à devenir le moyen d’expression du pays. Comme dans certaines régions de France, les panneaux des villes sont écrits en deux langues, la langue de la région et le français.

Mais revenons à notre soirée. Accueillis par le Maître de ces lieux et après avoir pris place autour d’une très grande table rectangulaire, nous sommes invités à venir essayer le « txotx », geste rituel de la gastronomie basque, pratiqué dans le chai. A l’écart du grand tonneau d’où jaillit ce nectar qu’est le vin de pomme, nous faisons virevolter notre verre afin de recueillir le maximum de cidre sans en verser par terre, ni se mouiller. Ce petit exercice fini, nous regagnons nos places pour savourer l’authentique repas « txotx », ponctué de temps en temps par le cri du patron « phonétiquement tchotchchch » nous intimant de nous rapprocher des tonneaux dès que nous désirons nous désaltérer. D’aucuns se limitent à l’excellent jus de pomme sans alcool, mais d’autres jouent le jeu en appréciant différentes qualités de cidre. La soirée se termine par une représentation musicale du patron qui anime fortement la salle en jouant du « txistu », instrument de musique basque. C’est une flûte à bec à trois trous se jouant de la main gauche, la droite étant utilisée pour frapper le « ttun-ttun », petit tambour à cordes qui appelle le délire des clients.

Fatigués, nous retournons à l’hôtel pour une nuit bien méritée.

Dimanche 10 avril: Aujourd’hui, notre escapade nous conduits à Hendaye et dans le pays basque espagnol. Il ne pleut pas, mais le ciel est couvert. La petite jaquette est de rigueur. A bord de son car, Pierrot nous conduits à Hendaye en passant par la corniche où nous pouvons admirer de magnifiques points de vue sur la Côte Basque et ses falaises. Hendaye se situe juste avant la frontière espagnole et, à mes yeux, c’est un petit bijou. Sa longue plage de 3km de long, au sable très fin, avec « son paseo maritimo » où courent des joueurs de rugby de l’équipe de Bayonne, ses beaux immeubles plongeant dans l’océan, me donnent vraiment un avant-goût heureux des prochaines vacances à la mer. Sur la pointe Sainte Anne, face au massif de la Rhune (900 m) se dresse en bord de mer le château Abbadia. Il fut construit par l'architecte Viollet-le-Duc. Nous sommes accueillis par une charmante jeune femme pour une visite guidée, visiblement passionnée par la vie intense d'Antoine d'Abbadie Géographe, astronome, explorateur, Antoine d’Abbadie a fait construire son château à partir de 1864, dans un style néogothique pour l’extérieur, alors que l’intérieur ressemble à sa vie scientifique et d’aventurier. Des fresques orientales, des devises en quelque quatorze langues différentes ornant les murs, une collection d’outils astronomiques y sont toujours conservés.

Après cette intéressante visite, nous rejoignons l’Espagne pour arriver à Zarautz où nous sommes attendus, par une famille de vignerons,  pour une visite d’une bodega, cave à vin typique du pays. Après moultes explications sur leurs vignes, la façon de traiter le raisin, la façon de vendanger,  etc… et avant de rejoindre la grande salle de déjeuner, nous passons à la dégustation de leurs vins. D’immenses tonneaux préservant le fruit de leurs récoltes nous ouvrent leur robinet et c’est dans une ambiance joyeuse que d’aucuns et d’aucunes le dégustent. S’ensuit un repas de plusieurs plats – avec tapas à l’espagnole – qui s’éternise un peu, le patron nous faisant découvrir ses vins. Ultime explication en espagnol de notre hôte – que je traduis aussi bien que je peux – et nous voilà partis pour Saint-Jean-de-Luz pour une soirée libre, à la guise de chacun.

Lundi 11 avril: nous pouvons dormir un tout petit peu plus ce matin, car la matinée est consacrée à la découverte de la côte. Arrêt à Bayonne, « Baiona" historique. Ensuite, temps libre pour flâner comme nous voulons dans le centre ville. Notre déjeuner a lieu dans un charmant restaurant situé dans une petite ruelle dans la plus ancienne maison de Bayonne qui date de l'époque Henri IV.

Après le repas, nous reprenons la route pour Biarritz, prestigieuse station balnéaire réputée dans le monde entier pour le surf. Une promenade vers le rocher de la Vierge, véritable emblème de la ville, nous offre un paysage vers l’océan, mais également sur la plage des Rois et sur la montagne des Pyrénées dont les sommets dominent presque la plage biarrote.  Dommage, le temps est brumeux et je sais déjà que mes photos ne seront pas « top ».

Notre après-midi se poursuit par le sympathique accueil d’un artisan joailler à Anglet qui nous ouvre les portes de son atelier et nous montre comment il transforme des matériaux à l’état brut en de magnifiques créations. Leur hospitalité est telle qu’il nous offre même une coupe de champagne avec des délicieux gâteaux, dont j’ai oublié le nom…

Retour à Saint-Jean-de-Luz pour une soirée libre.

Mardi 12 avril: le temps est maussade. Il a plu cette nuit et c’est aujourd’hui que nous allons rendre visite « aux canards ». Nous sommes attendus à Domezain pour la visite dans les champs d’un élevage de canards. Nous pataugeons dans la boue et bien évidemment personne n’a de chaussures adéquates. Le maître des lieux nous initie à son métier et à sa passion : le foie gras de canard. Mais pour nous prouver que ces volatiles sont bien élevés en liberté, la traversée des champs est le passage obligé. La boue s’est accrochée à nos chaussures et nous resterons toute la journée « crottés » ou mouillés, si nous avons passé nos chaussures sous le robinet, comme moi….. A la ferme, M. Berho nous offre une dégustation de foie gras accompagné d’un excellent Jurançon, doux et moelleux, se laissant facilement boire. Déjeuner à Garris.

Après le repas, nous continuons en direction de Beyrie-sur-Joyeuse où Alain Domini, éleveur de brebis, producteur de fromage, de yaourts et de greuil nous fait découvrir toutes les facettes de son métier. C’est une véritable passion. Il possède environ 180 brebis et est fier – à juste titre – de nous informer qu’il passe deux fois deux heures trente dans la journée à les traire à la main. Ces belles et grosses dames défilent une à une dans la caisse à traire. Une barrière s’ouvre pour entrer dans la caisse et une autre s’ouvre pour la faire sortir une fois traite et ainsi de suite.  Une brebis et demie à la minute, ouverture et fermeture des portes comprises. Qui dit mieux !

Ensuite explication sur le fromage et, moment délicieux, dégustation. Nous ne résistons pas à en acheter et je dois dire qu’arrivée à Genève ce fut un régal pour ma famille.

Retour à Saint-Jean en fin d’après-midi et soirée libre.

Mercredi 13 avril : Nous avons eu le temps de faire un peu la grasse matinée, car c’est à 9h.30 que nous partons en direction d’Espelette. Ravissant petit village de près de 2000 habitants, il est un de ces lieux hauts en couleurs qui font le charme du pays basque.
Enveloppé dans un décor de verdure, blotti au pied du Mondarrain, dans le Labourd, Espelette, s'enorgueillit d'un glorieux passé. Nous avons du temps de libre, aussi flânons-nous dans le marché, petit marché typique des villes du sud. Tout nous rappelle le piment d’Espelette. J’achète même – et je ne suis pas la seule – une ravissante nappe décorée de petits piments de couleurs. Cela me rappellera les beaux moments passés dans cette charmante région. Il fait beau. Nous nous promenons dans le centre du village, dont les façades des maisons sont décorées de guirlandes de piments de couleur rouge sang. Après quelques achats, tous basés sur le piment d’Espelette (même le chocolat), nous sommes attendus chez « Katy et Ramuntxo », une famille de pimentiers basques. Que de moments chaleureux ! Nous avons beaucoup de chance, le soleil est avec nous et nous sommes reçus au pied des cultures de piments par Ramuntxo, authentique Basque, qui nous conte, noble, la passion de son métier. Sa maxime : « Laissez-moi vous faire découvrir les secrets du piment d’Espelette et mettre ainsi du piment dans vos vacances, comme j’en ai mis dans ma vie ! ». Je trouve cela très beau. Toutes les étapes de la production du piment nous sont racontées et nous retenons que : « Fier, puissant et généreux, le piment d’Espelette est venu par la mer, ramené des Amériques par des marins du XVIe siècle. Au fil des générations, dans le secret de leur potager, les femmes l’ont choyé, choisi, sélectionné, lui donnant sa rondeur, sa force et son brillant. Epice exotique, ce piment a longtemps remplacé le poivre, alors trop cher. Savoureux, il a su parfumer leur cuisine et assaisonner les jambons. Aujourd’hui, il est l’ingrédient incontournable de la culture du pays basque ».

L’heure du déjeuner approche et déjà des effluves d’un repas typique basque nous caressent nos papilles gustatives. C’est une charmante dame, aidée de jeunes femmes très sympathiques, qui s’affaire à nous préparer un déjeuner pas comme les autres, arrosé de bon vins du terroir. Cette dame c’est la maman de Ramuntxo. L’accueil est si affable que nous n’avons pas envie de quitter les lieux. Mais avant de partir, nous faisons le détour dans l’atelier de Ramuntxo où nous achetons quelques produits pour ramener en Suisse. Le hasard faisant toujours bien les choses, nous faisons la connaissance de David Couchinave,  jeune basquais installé à Clarens qui a créé son entreprise « Les délices du Sud-Ouest » dans laquelle il élabore artisanalement tous les produits que nous avons dégustés. Ah ! J’allais oublier de vous parler d’Edmond, Edmond Johl, un sympathique participant de notre voyage. Le soleil, l’ambiance et son extrême sympathie l’ont poussé à déclamer, à l’attention de la maman de Ramuntxo, des poésies admirablement récitées, dont l’une qu’il affectionne particulièrement « La Venoge » de Jean Villard-Gilles. Nous ne nous lassons pas de l’écouter et d’ailleurs dès que l’occasion se présente, il nous en offre quelques unes. Un régal ! Merci Edmond.

Jeudi 14 avril: notre matinée est consacrée à la visite et dégustation des vins d’un authentique berger-vigneron, M. Costera, au domaine Ameztia à Baigorri. Tout comme la ferme aux canards, nous devons d’abord « passer » par le terroir, ici les vignes, avant de déguster les bons crus. Donc, les plus vaillants arpentent un petit chemin de terre, ardu, pour arriver au milieu d’un vignoble de montagne, spectaculaire, de grande qualité esthétique et paysagère, où les accueille Jean-Louis Costera. La ferme Ameztia, la chênaie en basque, est l’aboutissement d’une passion partagée en famille. Il nous raconte sa vie – très jeune il quitte l’école pour s’attacher à son métier – et aujourd’hui il élève les 7 hectares de vigne AOC Irouleguy comme il élève ses brebis : de la minutie, de la précision, du doigté… Jean-Louis est fier de nous dire que son vignoble adhère à la charte qualité fermière du Pays Basque Idoki. Invités dans sa ferme, il nous avoue aimer son métier. Il n’est pas riche dit-il, mais il est heureux. Le chai de ce berger des vignes est une ancienne étable. Les cuves ont remplacé la quinzaine de vaches qu’il possédait. Il produit du rouge, du rosé et du blanc. D’ailleurs, nous terminons notre visite par une dégustation de ces délicieux vins accompagnés, bien sûr, de fromage de brebis.

Départ pour Saint-Jean-Pied-de-Port, citée fortifiée. Une guide nous attend pour nous faire un peu d’histoire de cette petite merveille, qui doit son nom à sa situation au pied du port (ou col) de Roncevaux. A partir de la porte de Navarre, un escalier permet d’atteindre l’ancien chemin de ronde d’où commence notre promenade pour arriver à la citadelle. Cette dernière fut construite vers l'an 1630, et améliorée par la suite par Vauban. Pendant les guerres contre l'Espagne, elle servait souvent de base de départ pour les régiments de l'armée. Aujourd’hui, c’est un collège. Nous descendons la rue pavée de la Citadelle, véritable joyau de Saint-Jean-Pied-de-Port et admirons les maisons dont la plupart sont âgées de plusieurs siècles. Nous croisons quelques pèlerins, puisque la ville est un départ mondialement connu pour le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

A 18 heures, nous sommes attendus à Arcangues, chez Patchi Lacan, secrétaire, chauffeur, ami et complice de Luis Mariano. Il a plus de 80 ans, mais une mémoire infaillible. Il nous raconte comment il est devenu cet homme indispensable à Luis Mariano et tout en répondant à nos questions, il nous régale de savoureuses anecdotes. Avant un délicieux repas, précédé d’un somptueux apéritif, dans un restaurant typique d’Arcangues, nous découvrons un nombre considérable de photos du célèbre chanteur.

Le retour à l’hôtel est tard dans la soirée, mais nous sommes heureux et repus de cette belle et intense journée.

Vendredi 15 avril : journée libre à Saint-Jean-de-Luz. D’aucuns se régalent des magnifiques étals du marché, d’autres visitent la ville quand, certains, profitent de cette belle journée en se prélassant au soleil et jouissant des activités aquatiques du Spa de l’hôtel.

Nous quittons Saint-Jean-de-Luz le samedi matin et arrivons à Genève en fin de matinée, la tête pleine de souvenirs et heureux de retrouver la Suisse.

Merci à François, merci à vous tous, pour cette belle semaine. Vous avez été un groupe super agréable.

 

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