01/11/2010

ECOSSE - FESTIVAL MILITARY TATTOO

VOYAGE EN ECOSSE POUR LE FESTIVAL TATTOO

 

par Alex Delaloye


 

Du 21 au 26 août 2010 : A peine le pied posé sur le tarmac du petit aéroport d’Aberdeen, que notre corps vibrait déjà au rythme des vagues de la mer du Nord. Ce périple mené au pas de charge allait nous faire découvrir les multiples visages de ce pays fascinant qu’est l’Ecosse. Terre d’Histoires : mouvementées, tumultueuses, étranges, fabuleuses, hantées, spiritueuses, contrastées,… tout adjectif lié à la vie humaine prend en Ecosse une signification particulière. Plus de deux mille ans de recherche d’identité et de mélange de culture ont rendu l’écossais rude, parfois méfiant, mais rapidement chaleureux. Picts, scots, vikings, romains, normands, anglais se succèdent sur ce territoire peuplé à majorité … par le mouton. Malgré tout, l’Ecosse sera le berceau de nombreuses têtes pensantes et de par là d’inventions révolutionnaires. C’est sur cette base très hétéroclite, que le voyage basera son programme : voir en 6 jours les facettes culturelles, industrielles, géographiques et … météorologiques de l’Ecosse.

1er Jour - Arrivée en Ecosse et découverte d’Aberdeen

Aberdeen, la ville de granit dévoile son passé de village de pêcheurs et son présent pétrolifère. Notre séjour Ecossait commence donc avec un vent à décorner les bœufs, par une petite visite de l’ancien village de pêcheurs d’Aberdeen et une halte au bord de la mer du nord.

2e Jour - Whisky et traditions

Découverte de la vallée de la Spey. Cette rivière connue par les amateurs de pêche au saumon sauvage, recueille sur ses flancs de multiples distilleries de la boisson nationale : le whisky. Des noms évocateurs s’égrènent le long du parcours : Glen Grant, Macallan, Glenfiddich, Aberlour mais aussi des plus subtils pour le connaisseur : Strathisla, Glen Rothes, Allt-à-Bhaine, Speyburn, Glen Keith,… Pour afin aboutir au pied de la Livet chez The Glenlivet bien sûr. Mastodonte de la production mais ô combien instructive la distillerie nous livre ses secrets (pas tous) de la distillation de l’eau-de-vie d’orge maltée. Autant dire que cette semaine nous a permis de nous rassasier de saumon et de nous délecter de très bon whisky.

Un climat rude et un sol pauvre dans les Highlands font que, encore aujourd'hui, les trois quarts de l'Ecosse sont soit des pâturages maigres, soit des landes ou des terres pratiquement stériles. Dès 1800, les propriétaires de ces régions cherchèrent à rentabiliser leurs domaines. Les petites fermes, peu rentables, furent progressivement remplacées par des Lowlanders et leurs troupeaux de moutons, d'un bien meilleur rapport. Les moutons sont les figures les plus familières des paysages écossais. De leur énorme toison blanche émerge une tête et des pattes noires. C'est cette omniprésence des ovins (9,5 millions) qui permet à l'Ecosse d'être aujourd'hui spécialisée dans la laine et le textile : pull-overs, tissus de laine, tweed, couvertures....

Pour garder le troupeau, il faut un chien : Le Border Collie tire son nom de la région dite "des Borders" (mot signifiant "frontière"), qui sépare l'Écosse de l'Angleterre, berceau de la race. Ce nom a été adopté dès 1915. Le Border Collie est un chien de berger tenace, travailleur, très docile, concentré, ardent, intelligent, très craintif, mais très peu agressif. Sa sélection, basée sur le travail, en fait un animal dynamique, actif et demandeur d'activités. Presque totalement sélectionné pour le travail sur troupeau, le Border Collie présente une particularité bien spécifique : il a un besoin irrépressible, presque obsessionnel, de rassembler, de rabattre tout ce qui semble se disperser ou fuir.

Cet après-midi, nous assistons donc à une démonstration de chiens de berger dans une ferme locale.

3e jour - A la découverte du mythe du le Loch Ness et visite du château Eilean Donan

Inverness (Inbhir Nis en gaélique) est le centre administratif de la région des Highlands, et était auparavant la capitale du comté de Inverness-shire. La ville, qui a le statut de Cité, s’est autoproclamée capitale des Highlands. Inverness est située à l’embouchure de la rivière Ness, au nord-est de l’Écosse. La ville tire son nom de sa position géographique : Inbhir Nis signifiant embouchure de la Ness. La rivière coule depuis le Loch Ness tout proche et, en amont, depuis le canal Calédonien, qui relie le Loch Ness, le Loch Oich et le Loch Lochy. Les landes de Culloden se trouvent à proximité de la ville. Elles furent le site de la Bataille de Culloden en 1746, qui a mis fin au soulèvement jacobite de 1745-1746.

Le loch Ness, en Ecosse, est le refuge supposé d’un monstre baptisé Nessie. Ce monstre défraye la chronique depuis les temps les plus reculés. S’étendant sur 42 kilomètres de long, ce loch constitue la plus grande étendue d’eau douce de toute la Grande-Bretagne. Les eaux sombres sont profondes à certains endroits de près de 300 mètres. Entre canulars, publicité touristique et témoignages authentiques, les sceptiques ont beaucoup de mal à discerner la vérité.

Le groupe a donc pu se faire sa propre idée de la très controversée légende du Loch Ness, grâce à une petite croisière sur ce mythique loch. Puis nous avons pris part à une visite, à Drumnadrochit, du centre d’information et à l’exposition « Monster Exhibition Loch Ness 2000 ».

Lorsque Wikipédia écrit : « Eilean Donan est une petite île du Royaume-Uni située en Écosse, administrée par le Council Area de Highland. Elle est reliée à l'île de Grande-Bretagne par un pont en pierre qui conduit à un château fort occupant une bonne partie de l'île » on peut comprendre le désir écossais de vouloir toujours être indépendant. Cet édifice, construit et remanié à de nombreuses reprises à partir du début du XIIIe siècle, est abandonné à l'état de ruine en 1719 à la suite d'une bataille qui l'endommage fortement. Racheté par le clan MacRae, il est reconstruit entre 1912 et 1932 en préservant le style architectural. Il est le château le plus photographié d’Ecosse et lieu de tournage de nombreux films.

Nous avons eu le privilège de visiter le splendide château l’Eilean, l’un des sites touristiques les plus populaires des Highlands d'Écosse. Ce château est ouvert au publique seulement quelques mois durant l’année et reste habiter les longs mois d’hivers par la même famille depuis des générations.

4e jour - L’île de Skye et embarquement à bord du fameux ‘Jacobite Steam’, train qui a servi de décor au film Harry Potter

Les panoramas qu’offre l’île sont époustouflants ! Des majestueuses montagnes de Cuillin Hills aux paysages fascinants de la péninsule de Trotternish, en passant par les tourbières infinies du centre de l’île, les charmes de Portree et les innombrables baies et lochs tous plus beaux les uns que les autres, Skye est un spectacle permanent. Même si la brume recouvrait les sommets, sa dispersion l’espace d’un clin d’œil valait son pesant d’or.

Sur les pas d’Harry Potter nous empruntons la ligne du pittoresque West Highland Railway, (24 km en 2 heures) entre Mallaig et Fort William. À mi-distance, le prince Charles, revenant de France, touche terre au Loch nan Uamh, à l'ouest de Glenfinnan. C'est là qu'il rencontra des hommes du Clan Donald, suivis après plusieurs jours par d'autres MacDonald, mais aussi des Cameron et des Macdonnell. Lorsque le prince estima qu'il avait réuni suffisamment d'hommes, il monta sur la colline et déploya son étendard royal le 19 août 1745, revendiquant les trônes d'Écosse et d'Angleterre au nom de son père James Stuart, le « Vieux Prétendant ».

Glencoe, la vallée des larmes. Après la convention qui offrit la couronne d’Écosse à  Guillaume d’Orange et à Marie, en mars 1689 et craignant toujours une renaissance du jacobisme, le gouvernement voulut tenter d’autres tactiques ; apaiser les Highlands ou les dévaster.  Les mettre au désespoir ou mieux encore les détruire avant qu’ils aient la bonne idée de se procurer l’aide nécessaire.  Guillaume proposa le pardon à tous les clans qui lui prêteraient serment d’allégeance. Les inspirateurs de la politique du gouvernement dans toute cette affaire étaient essentiellement le «  maître de Stair » John Dalrymple (1648-1707), qui résidait à ce moment à Londres auprès du roi, John Campbell, comte de Breadalbane (1635-1717- un cousin des Campbell d’Argyll) le comte d’Argyll lui-même Archibald Campbell.  La tendance était donc à la fermeté et à la dureté.

Le 12 février, Robert Campbell reçoit de son supérieur, le major Duncanson, les instructions suivantes : «  Vous avez ordre de fondre sur les Mac Donald de Glencoe et de passer au fil de l’épée tous ceux qui ont moins de soixante-dix ans. 

Au petit matin du 13 février 1692, Campbell de Glenlyon et ses hommes exécutèrent les ordres. Des groupes de soldats allèrent de maison en maison, massacrant les Mac Donald endormis et brûlant leurs demeures.  Mac Ian fut abattu par un des ses invités de la veille.

La neige se mettant à tomber, quelques habitants de la vallée, profitant du chaos parvinrent à s’échapper dans les collines enneigées de la rivière Coe.

Trente-neuf Mac Donald, des femmes, des enfants et le vieux chef, sont assassinés.  À peine une cinquantaine de malheureux purent s’enfuir dans les montagnes où la plupart périrent de faim et de froid.   Cette fois, Guillaume d’Orange et Stair avaient gagné ; la tuerie allait servir d’exemple aux jacobites et permettre au gouvernement de mieux tenir en main cette région insoumise. Mais deux des  fils de Mac Ian survécurent et révélèrent le forfait. La  propagande jacobite s’en empara aussitôt et toute l’Europe catholique voire même en Angleterre,  s’indigna de la barbarie et de la perfidie du gouvernement du roi Guillaume.

Le principe sacré, pour les Highlanders, de l’hospitalité avait été violé et que les hommes de Glenlyon aient massacré de sang-froid leurs hôtes révulsait même ceux qui n’avaient aucune sympathie pour Glencoe et les siens.

Plus que le massacre (les clans connaissaient assez bien ce langage-là), c’est la violation de l’hospitalité sacrée, surtout entre Écossais, qui souleva l’indignation de tous.  Glenlyon commit l’irréparable, l’impardonnable selon l’éthique gaélique ; il accepta l’hospitalité de Mac Ian, puis au petit matin du 13 février 1692 fit massacrer le clan, son chef en tête.

Aujourd’hui encore, Glencoe, la vallée des larmes (The Glen of the Weepings), semble ne rien avoir oublié. À l’entrée de l’auberge Clachaig, rendez-vous immanquable des randonneurs et des montagnards, une plaque en cuivre annonce qu’on n’accueille ici ni les démarcheurs, ni les Campbell.

5e jour - La ville d’Edimbourg et spectacle mondialement connu du Military Tatoo

D’Oban à Edinburgh la route coupe l’Ecosse en ceinture et déferle dans des paysages mélangeant montagnes et forêts pour s’ouvrir sur la plaine de Stirling bien connue pour l’un des plus grands exploits de William Wallace : sa victoire sur les anglais lors de la bataille de ‘Stirling Bridge’. Presque toute l’Écosse était revenue aux mains des Écossais en août 1297.

Edimbourg est une ville de spectacles et de festivals. Août regorge de manifestations musicales comme le Edinburgh Festival Fringe et le fameux Royal Edinburgh Military Tattoo (« Festival Tattoo Militaire Royale d'Édimbourg ») festival international de fanfares militaires ayant lieu chaque année au Château d'Édimbourg.

La première édition s'est déroulée en 1950 avec seulement 8 fanfares au programme. Jusqu'à aujourd'hui, plus de 40 pays ont participé au festival.

Plus de 200 000 personnes se rendent chaque année à Édimbourg pour assister aux représentations qui se déroulent sur 3 semaines. La retransmission télévisée est diffusée dans plus de 30 pays pour une audience totale de 100 millions de téléspectateurs par an.

Cette année le groupe a donc participé au 60e anniversaire.

Conclusion

Comme on peut le constater, le groupe des lecteurs de la TdG et du 24 Heures est revenu avec un concentré d’Ecosse impressionnant. La qualité du chauffeur de car et de  les commentaires de la guide Fiona sont une part non négligeable du succès de ce périple. Le respect et la discipline du groupe, allié à la beauté de ce pays ont fait l’essentiel de la qualité.

 

Les commentaires sont fermés.