05/07/2010

PERIPLE DANS LE BORDELAIS

BORDEAUX, SES VINS, SES CHATEAUX, SON TERROIR !

Récit Michèle Paoli


 Sous l’égide de Frantour, un voyage spécialement conçu pour nos lecteurs par François Kneuss, guide de l’agence, a conduit 30 abonnés de votre journal à Bordeaux en direction de ses vins, de ses châteaux et de son terroir.

« François, pourquoi nous avoir proposé ce voyage à Bordeaux ? »

carte_vins_bordeaux_medoc[1].jpg« Parce que c’est une continuité logique des régions que j’aime faire visiter. Après avoir fait Paris, le Val de Loire, la Normandie, la Bretagne, il était évident que j’emmène vos lecteurs visiter Bordeaux, ses vins, ses châteaux et son terroir. »

« Donc si je suis géographiquement vos idées, vous nous proposerez pour l’année prochaine le Pays Basque ? »

« C’est exact. En 2011, je vous proposerai un voyage pour vos lecteurs dans cette région ».

« Mais pourquoi vos voyages ne ressemblent pas à ceux que l’on trouve dans les catalogues des agences ? »

« Tout simplement parce que je n’aime pas faire visiter des lieux touristiques. Nous sommes arrivés dans une société de consommation à outrance et le retour à la terre, au bio et au tourisme d’antan devient à mon sens une nécessité. Aussi, vais-je à la recherche d’un tourisme avec des gens du terroir, des gens qui aiment leur région et qui aiment à la faire visiter. Des gens qui nous reçoivent avec chaleur, comme des amis ».

« C’est génial ! Mais vous nous faites aussi des surprises, car vous avez invité une personne, Gérard Puyôou, professeur à l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims, qui enseigne l’œnologie et  l’œnologie à travers les religions, à venir nous parler de Bordeaux et de ses vins. Ce fut tout simplement passionnant et ses explications, nous pourrions même dire son cours sur l’histoire du vin, sa place dans nos sociétés  – ont tenu en haleine tout notre groupe lors des transports en car ».

« Gérard : quelle est la particularité du vin de Bordeaux ? »

« L’eau. »

« Vous n’êtes pas sérieux si vous me dites l’eau, alors que je vous interroge sur le vin ? »

« Non, je suis très sérieux.  L’eau domine à Bordeaux. L’Aquitaine vient du mot acqua, il y a l’estuaire de la gironde, à l’ouest l’océan atlantique, le raisin est composé prioritairement d’eau, une des régions viticoles de bordeaux s’appelle entre Deux Mers et pendant longtemps le commerce du vin s’est fait par la voie de la Garonne et de la Gironde, c’est-à-dire l’eau. Sans eau, pas de vin ! »

 « D’où vient l’importance que revêt le vin pour beaucoup de gens dans le monde ? »

« Il fait partie de notre patrimoine culturel. Il a été longtemps un aliment et aujourd’hui synonyme de plaisir et de partage. La culture du vin et les premières techniques de vinification datent de fort longtemps, soit 3e millénaire avant J.C., mais on trouve déjà des traces de culture de vigne au 6e millénaire. On utilise encore aujourd’hui des mots de la

 

mythologie, tels que œnologie qui vient des mots grecs oînos ( vin) et lógos (science) ; dionysiaque de Dionysos, des fêtes de Bacchus. Et après cet aspect mythologique, les religions monothéistes se sont également emparés du vin ; les Egyptiens également puisqu’il a été trouvé dans la tombe de Toutânkhamon vingt-six amphores de vin avec l’indication de son millésime, le nom du chai, etc. ; Indra, le roi des Dieux, avait une faiblesse pour le vin fermenté, etc. ».Confucius en parle.

On pourrait parler longtemps du vin, mais là n’est pas tout à fait le propos. Il faut que je vous raconte notre beau périple dans le Bordelais.

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Mercredi 23 juin

Rendez-vous est donné à l’aéroport de Genève à 12 heures. J’ai l’immense plaisir de retrouver des habitués ainsi que de faire la connaissance de nouveaux participants. Merci à Michèle Argo, Jeanne-Marie Bader, Gilbert et Marie-Claire Barrat, Valérie Barrat, Robert et  Yolande Burgi, Joachim Ernst, Johannes Ernst, Michel et Anne Rosset, Ludovic et  Madeleine Volluz de nous faire confiance en voyageant depuis plusieurs années avec nous. Merci à Paul Barraud et Edith De Mercurio, Gérard et Patricia Berger, Philippe et Marlyse Berney, Monique et Christiane Delacrausaz, Ulrich et Janet Meier, Willy et Yvonne Sager, Christian et Raymonde Schoeni en espérant vous revoir pour de prochains voyages.

Arrivés à Bordeaux dans l’après-midi, nous sommes accueillis par François Kneuss, notre charmant guide de Frantour. Un petit tour de ville avant d’arriver à l’hôtel et nous avons l’agréable surprise de constater que la

ville est en fête. "Bordeaux fête le vin", telle est l'accroche qui entoure la 7e édition de cette grande manifestation qui a lieu du 24 au 27 juin. Cette capitale du fin offre l'accès au plaisir et révèle une  ville  découverte, une ville rencontre, une ville spectacle, historique, populaire ou encore gourmande. Sur ses quais de la Rive gauche est bâtie une mosaïque de villages, de pavillons, de stands et d’ateliers. Plus de 450'000 personnes sont attendues pour découvrir la diversité des appellations sur une « Route des vins » de plus de 2 km, le long de la Garonne ! Cette fête c’est aussi l’occasion d’apprécier chaque soir des concerts et des spectacles, comme l’étonnant « Son et image » clôturé par un feu d’artifice aux mille et une couleurs.

Notre hôtel, situé à deux pas des quais est un grand hôtel tranquille. Chacun prend possession de sa chambre et, afin de faire plus ample connaissance, nous nous retrouvons, avant le repas, pour un cocktail nous donnant un avant-goût des vins de Bordeaux.

Jeudi 24 juin

Départ à 7h.30. C’est un peu tôt mais la journée est très remplie. Nous voilà partis pour la découverte du Médoc. Comme dit plus haut, Gérard – le professeur d’œnologie – nous rejoint et commente cette région, son vin et son histoire. Personne ne pique du nez, tellement ces explications sont passionnantes. Aucun bruit, pas une mouche ne vole, seulement la voix massive du professeur qui se fait entendre dans le car. Un régal !

2010 Bordeaux 001.jpgLa route des châteaux qui traverse le Médoc est assurément l'une des plus belles. Cette presqu'île s'étend sur 80 km au nord de Bordeaux entre l'Océan Atlantique et l'estuaire de la Gironde. Elle regroupe quelques-uns des crus les plus prestigieux de vins rouges et de très nombreux châteaux aux architectures insolites. Nous suivons la départementale en longeant la Gironde pour entrer dans le domaine des Margaux et atteindre le prestigieux Château Margaux. Arrêt obligatoire pour immortaliser ce beau domaine. Nous poursuivons notre route en passant par Saint-Estèphe, Pauillac, Saint-Julien pour arriver au Château Brane Cantenac.

Nous sommes accueillis par uneIMG_2613.jpg ravissante jeune femme, Maria, responsable qualité du vin. Elle nous conte l’histoire du domaine qui doit son nom au baron Hector de Brane. Idéalement situé sur la croupe de graves du plateau de Cantenac, le terroir est un des plus réputé de l'Appellation Margaux. Après les explications de Maria, nous visitons le chai et terminons par une belle dégustation de trois crus différents de 2004 et 2007. Même s’il n’est que 9h.30 et même si le seau est à disposition pour régurgiter le vin, la dégustation est un doux plaisir qui réjouit chacun de nous.

Notre prochaine destination est le Blayais, sur la rive droite. Pour y accéder, nous traversons l’estuaire de la Gironde en bateau. Depuis notre embarcation, nous pouvons admirer au loin de la rive gauche les beaux Châteaux du Médoc, alors que sur la rive droite le paysage est plus diversifié et plus marqué par des collines et des grandes falaises.

IMG_2685.jpgNous sommes accueillis par une collaboratrice de l’Office de Tourisme du Blayais qui nous conduits à la citadelle construite par Vauban pour une visite guidée. Située sur un promontoire rocheux, la citadelle de Blaye domine l’estuaire de la Gironde.

La construction de la citadelle actuelle est due à la volonté du « Roi-soleil » d'établir un solide verrou protégeant le port de Bordeaux d'éventuelles incursions ennemies, anglais ou hollandais.

Après avoir arpenté sous un beau soleil les alentours de la citadelle, nous pénétrons dans les souterrains tout en écoutant les explications de notre guide.

La faim et la soif commencent à nous tenailler. Nous nous dirigeons vers le car pour atteindre Braud et Saint-Louis où nous sommes attendus par M. Jean-Michel Rigal, maire du village.IMG_2698.jpg

Dans la salle du Conseil municipal, où

dominent les portraits des Président de la 5e République, un délicieux cocktail de bienvenue nous est servi accompagné de trois crus de Bordeaux (rouge, rosé et blanc). Cette ravissante petite commune, de plus de 1'300 habitants, située au cœur des marais, est tournée vers l’avenir et accueille la centrale nucléaire du Blayais, vivement contestée par les écologistes locaux. Après cette sympathique agape chez Monsieur le Maire et de notre déjeuner, nous allons à la rencontre des gens du terroir du Blayais.

 

IMG_2720.jpgTout d’abord, direction la « Bergerie du Marais ». Nous sommes accueillis par France et Thierry Delottier, sympathique couple à la vie et aux idées authentiques, qui élèvent seuls, depuis de longues années, des agneaux de l’estuaire. Leur vie à la campagne a été pour eux d’une grande quiétude, mais à la longue le besoin de rencontrer des gens et leur faire partager leur quotidien s’est fait sentir. C’est alors qu’ils ont réalisé un autre rêve : héberger des vacanciers dans des yourtes.

 

Dernière visite avant de rejoindre Bordeaux : le domaine « Tout l’y faut ». Situé au nord du Blayais, le domaine profite d’un terroir idéal pour la culture de la vigne et de l’asperge. Les asperges du Blayais sont connues pour leur qualité incomparable qui provient de la spécificité du terroir. Le sol sablonneux, léger et aéré se réchauffe facilement au contact du soleil. Il donne de belles asperges, précoces, moelleuses, d’une exceptionnelle blancheur et d’une très grande tendreté. Nous sommes accueillis par Véronique et Jean-Marie Camus qui nous font découvrir le charme authentique d’une ferme. Rafraîchissement, dégustation d’asperges et nous repartons vers Bordeaux, sous un soleil accablant et empreints d’une grande fatigue. La journée est longue.

Le soir, ceux qui ont le courage partent vibrer dans la liesse de Bordeaux, alors que d’autres retrouvent le calme et le repos pour une nuit bien méritée.

 

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Vendredi 25 juin

 C’est sous un beau soleil que nous arrivons à Saint-Emilion. Un enchantement ! Accueillis par une charmante hôtesse de l’Office de tourisme – qui aime sa région et sa commune – nous sillonnons les rues pavées en admirant les monuments qui ont parcouru le temps : l’Ermitage, les catacombes, l’église monolithe. Nous apprenons que d’après la tradition, Emilion, fondateur de la ville, est venu s’installer dans cet endroit désert, au pied de l’escarpement, dans une grotte formant un abri naturel et exposé au sud. Le récit de la vie d’Emilion précise que dans la caverne se trouve un oratoire, un lit, un siège, une table et une source, ce qui correspond à ce que l’on trouve dans d’autres lieux occupés par des saints cavernicoles. Nous découvrons la chapelle de la Trinité, édifiée en son honneur ;  les catacombes, ancien cimetière souterrain, ainsi que l’Eglise Monolithe, une des plus vastes d’Europe par ses dimensions. Nous sommes plongés immédiatement au cœur de l’histoire de la vieille ville et regrettons de devoir quitter cette merveilleuse cité qui mériterait qu’on lui accordât quelques jours pour s’en imprégner.  

Mais, le petit train nous attend pour nous conduire au Château « Pierre de Lune », situé au cœur du vignoble,IMG_2764.jpg propriété de Véronique et Tony Ballu. Dans leur jardin paisible, sous de beaux arbres à l’abri du soleil, nous sommes tous assis en rond et écoutons Tony Ballu parler de sa vie de vigneron et surtout de son amour du bon vin. Véronique, quant à elle, aidée de trois jeunes filles, s’attache à dresser de très belles tables pour un déjeuner, comme on dit familièrement « de derrière les fagots ». Cette expression est bien appropriée puisque nous avons le plaisir de manger une côte de bœuf cuite au feu de sarments. Notre délicieux repas est accompagné de trois crus, dont un est exceptionnel selon le palais de mes amis.

Quoi de plus agréable, après un si bon repas, que de finir l’après-midi par une dégustation de sauternes ? Le Château Climens à Barsac nous accueille pour une visite du chai et une dégustation d’un cru prestigieux. En effet, la distinction exceptionnelle du Château Climens, porté par un passé d’excellence plusieurs fois centenaire, lui vaut très tôt le titre de « Seigneur de Barsac ».

Retour à Bordeaux et comme la veille chacun aménage sa soirée comme il lui plait.

 

 

Samedi 26 juin

La fin du séjour se fait sentir. Il fait de plus en plus chaud. Valérie, Gilbert et quelques uns commencent à prendre de belles couleurs ; le pourpre domine. Chapeau et crème solaire sont de rigueur.

IMG_2818.jpgNotre journée est consacrée au Bassin d’Arcachon et alentours. Nous sommes guidés par Sandrine, charmante jeune femme de l’Office de Tourisme, qui nous parlera de sa magnifique région. Première destination : la visite du parc ornithologique du Teich. Entre le delta de la Leyre et la lisière de la forêt de Gascogne, ce parc accueille quelque deux cent soixante espèces d’oiseaux. En suivant les sentiers balisés, nous traversons des cabanes camouflées pour observer les différentes espèces, plus particulièrement les cigognes dont les nids trônent à la cime des arbres. Doucement, sans faire de bruit, nous apercevons des cygnes avec leurs bébés. Nous redevenons tous des enfants émerveillés par tant de richesse naturelle.IMGP4763.JPG  Le temps nous presse.

Nous nous dirigeons dans le port typique de la Teste de Buch où nous sommes reçus par Angelika et Thierry pour une explication sur la technique du travail de l’ostréiculture, suivie d’une dégustation d’huitres accompagnées de son vin blanc. Un régal ! Ceux qui ne désirent pas en manger font la joie des autres, dont moi qui, avec une gourmandise non dissimulée, en mange 22.

Le déjeuner est libre et nous nous dispersons sur les quais d’Arcachon, soit pour déjeuner, soit pour déguster une glace, ou encore pour faire trempette dans l’océan.

 

Il fait de plus en plus chaud et la plus haute dune de sable d’Europe nous attend. Il s’agit de la Dune du Pilat. Située à l’entrée du Bassin, face à la pointe du Cap Ferret, elle constitue la plus importante formation sableuse d’Europe. 105 mètres de haut, 2700 mètres de long, 500 mètres de large et 60 millions de m3 : c’est impression. Les plus valeureux d’entre-nous s’aventurent sur l’escalier pour monter au sommet de la dune : 2010 Bordeaux 134.jpg130 marches. Arrivés en haut, le souffle nous manque ou les cuisses nous font mal, mais le spectacle est magique. Un spectacle à 360° s’offre à nous : l’océan, la forêt, du sable, c’est magnifique. La descente du retour est paisible pour ceux qui reprennent l’escalier, alors qu’elle procure bien des sensations à ceux qui dévalent la pente à grandes enjambées en plantant les talons pour ne pas tomber, comme moi. En l’espace de quelques minutes, nous retombons en enfance.

Avant de traverser le bassin d’Arcachon pour nous rendre au Cap Ferret pour notre dernier dîner, nous visitons la ville d’hiver. C’est sous Napoléon III que nait la ville d’Arcachon. Le doux climat de cette région attire de riches aristocrates venus du monde entier afin de passer les mois d’hiver. De superbes villas,2010 Bordeaux 158.jpg protégées des vents par une forêt de pins, s’érigent les unes après les autres pour constituer ce qui me semble être une vraie réussite architecturale, la ville d’hiver. La ville d’été, quant à elle, s’ouvre sur un très beau front de mer et se développe grâce aux vertus curatives de l’océan.

 

 

Et pour clore cette merveilleuse journée, trois pinasses – embarcation typique du bassin d’Arcachon et du littoral gascon – nous attendent pour nous conduire au Cap Ferret pour un dîner, choisi au préalable par chacun de nous selon nos goûts : poisson ou plateau de fruits de mer.

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Agréable soirée qui met un terme à notre journée et également à notre séjour puisque c’est le lendemain dimanche, en début d’après-midi, que nous rentrons au bercail.

Ce voyage est à nouveau organisé du 1er au 5 septembre en souhaitant que le temps soit aussi beau que celui qui nous a accompagnés en juin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Bonjour

Merci beaucoup pour cet excellent article, nous espérons vous revoir bientôt

Cdt

Écrit par : sabattini | 05/07/2010

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