24/09/2009

Septembre 2009

PERIPLE A TRAVERS LA SUISSE

Récit Mademoiselle Bassou

 


  

 Mardi 22 septembre

la suisse 135.jpgDès 6 heures du matin, nous quittons Genève – en route pour Lausanne – où nous attend le reste de notre groupe de voyageurs. Durant tout le voyage, nous serons 39 abonnés de la Tribune de Genève ou de 24heures, avec Daniel, notre chauffeur, voyage organisé par l'agence Thomas Voyages Marti. La pause café-croissant de la matinée est l’occasion de faire connaissance mais aussi de retrouver des connaissances pour des habitués des voyages-lecteurs. Les premiers paysages dessinent des massifs montagneux boisés ou escarpés ; des silhouettes rocheuses en dégradé de bleus. Nous passons le col du Simplon (2006 mètres d’altitude) et la descente nous conduit immédiatement vers les Iles Borromées en Italie. En découvrant la vue sur le lac Majeur, l’apéritif nous est offert dans le car par l’agence de voyages. la suisse 143.jpgA Stresa, deux petits bateaux à moteur nous conduisent sur l’île dei Pescatori pour déjeuner. Nous réembarquons ensuite pour Isola Bella et son fameux palais. Une visite guidée nous y attend ; certains en sortiront enthousiasmés, d’autres plus circonspects : le baroque et le stuc ne sont pas du goût de tout le monde. La visite terminée nous remontons dans le car. Pour varier les plaisirs, nous prenons le bac pour traverser le lac Majeur et nous longeons son bord jusqu’à Stresa. Le GPS de Daniel nous joue quelques tours avant d’arriver à Lugano. Nous en serons quittes pour avoir traversé quelques jolies villes : Varèse, Voltera, etc. Lugano apparaît comme un lieu de villégiature ainsi qu’en témoignent ses boutiques de luxe et ses grands hôtels couleurs pastel avec vue sur le lac. Bienheureux  d’être arrivés après une longue journée, nous nous séparons pour la soirée en attendant de nous retrouver le lendemain.

Mercredi 23 septembre

la suisse 164.jpgSur les coups de 9 heures, nous nous rejoignons pour embarquer sur le lac de Lugano. C’est l’été indien : le mercure atteindra même les 30° au plus chaud de la journée. Cette balade au fil de l’eau, commentée par une guide italienne, nous permet de voir ces rivages sublimes dont parle si bien Stendhal dans ses voyages en Italie. Nous longeons ces montagnes toujours plus grignotées par les constructions humaines. Brusquement surgit Campione – enclave italienne – et son immense nouveau casino à 180 millions de francs suisses, gigantesque orgue contemporain qui vient compléter l’ancien casino piano-bar nacré. Vision surréaliste ! Nous débarquons à Melide pour visiter la Suisse miniature, mise en bouche du voyage avec un petit air de carton-pâte. C’est l’occasion pour bon nombre de s’exclamer : « Je ne savais pas que nous avions tant de châteaux en Suisse !»la suisse 200.jpg

Nous déjeunons dans le restaurant-cantine du musée : repas quelque peu indigeste aux yeux de certains. Nous filons directement vers Calsano et le musée du chocolat « Alprose » - notre chauffeur n’ayant pas pu trouver où se garer dans les étroites rues de Marcotte. Des effluves alléchantes nous accueillent à la sortie du car, quelques explications historiques traduites en simultané par Michel préparent la visite de l’usine en elle-même : nous voici propulsés dans Charlie et la chocolaterie.Peu d’entre-nous ne succomberont pas à l’achat de tablettes ou de dragées, malgré la chaleur qui les feront inévitablement fondre nous condamnant à les manger dans les délais les plus brefs. Nous reprenons ensuite le chemin de l’hôtel où nous pourrons passer quelques temps libres dans Lugano, sous les arcades de la Via Nassa aux boutiques prestigieuses (principale axe de la vieille ville qui doit son nom aux paniers utilisés par les pêcheurs dont les barques et les filets trouvaient abri sous ces arcades).

Jeudi 24 septembre

la suisse 208.jpgMatinée libre à Lugano : certains en profitent pour faire le tour de la ville à bord du petit train qui les conduit jusqu’au funiculaire du Monte Bré ; d’autres visitent les beautés historiques de la ville, notamment sa magnifique église Sainte-Marie-des-Anges, commencée en 1499 et ornée de trois fresques d’un élève de Léonard de Vinci - Bernardo Luini ; d’autres enfin, préfèrent profiter du soleil à la terrasse d’un café, la vità italiana !Après le déjeuner, nous partons en direction du lac de Come, paysages qui servent de toile de fond au roman de Stendhal La Chartreuse de Parme.

Les lacs entourés de montagnes se succèdent – lac Sils, lac Silvaplana – la suisse 223.jpgvenant apporter du crédit à cette image carte postale de la Suisse. Daniel joue de dextérité dans les lacets de la route qui nous conduit jusqu’au col de la Maloja (1815 mètres – col le moins élevé entre la Suisse et l’Italie). Nous y faisons une pause règlementaire – repos du chauffeur oblige. Dernière descente en direction de Saint-Moritz, station chic pour le tourisme de neige, l’arrivée à l’hôtel Europa avec ses 4 étoiles et ses installations de wellness (piscine, jacuzzi, sauna, hammam, etc.) fait des heureux. Il reste juste le temps pour ceux qui le désirent de faire un petit plongeon avant de se retrouver pour le dîner. L’apéritif, offert par la Tribune de Genève, 24heures et l’agence Thomas Voyages Marti, un verre de Prosecco, nous rappelle que nous sommes tout près de l’Italie.

 Vendredi 25 septembre

DSCF4047.JPGAujourd’hui, la brume nous rappelle que nous avons bien quitté le Tessin et les rives de ses lacs italiens pour gagner les hauteurs des Grisons. Rendez-vous à 9 heures en bas de l’hôtel en direction de Tirano. Nous partons admirer de superbes paysages montagneux, et pour cause, depuis l’été 2008 le trajet de Thusis à Tirano est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Aux Hospices de la Bernina, on fait une pause photo devant le glacier, on fait une p’tite grimpette pour les plus aguerris, on boit un thé pour les plus sages… Nouveaux virages en épingle et panoramas spectaculaires, pins arolle et explications scientifiques de Michel sur la montée de la sève. Nous arrivons à Tirano pour prendre le départ du Bernina Express, le fameux train rouge qui grimpe jusqu’à 2253 mètres d’altitude et relie la ville italienne à Coire dans le canton suisse. DSCF4056.JPGTous aux fenêtres, nous apprécions les courbes de son viaduc hélicoïdal et les vues plongeantes offertes du haut de ses ponts. La pluie nous cueille à Saint-Moritz, ne laissant qu’une poignée de courageux à la découverte de la ville et de ses musées (musée Engadine sur le mobilier typique de la région des Grisons) ; la plupart d’entre-nous rentrons à l’hôtel prendre quelque repos, faire quelques brasses dans la piscine de l’hôtel. La soirée se termine avec un bon repas au restaurant.

Samedi 26 septembre

 Nouvelle matinée avec un air de déjà vu : car et train à travers lacs et montagnes. Le croirez-vous ? Personne ne s’en lasse, surtout qu’aujourd’hui le soleil est de la partie. Le car nous conduit jusqu’à Disentis, lieu de départ du Glacier Express, nous offrant sur le chemin le spectacle d’un ballet de montgolfières dans le ciel. A bord du train qui n’a d’Express que le nom – il marque tous les arrêts – nous avons pleinement le temps d’admirer les prairies grasses la suisse 243.jpget vert tendre, les vaches (chères à Michèle), les moutons et leurs abris en bois – petits chalets appelés mazots, mais aussi les églises et leurs curieux clochers en dôme. Arrivée à Andermatt pour déjeuner dans un restaurant typique et jeter un œil aux façades en bois. En route pour Lucerne, M. Valliton nous fournit de remarquables explications sur le futur tunnel du Gothard. A l’arrivée, nous nous dispatchons dans nos trois hôtels et nous donnons rendez-vous pour découvrir la ville en petit train. IMG_1284.JPGLucerne – située dans le canton d’Uri - avec ses façades peintes, ses tours de garde, ses rues pavées, ses enseignes en fer forgé a résolument un charme médiéval. Quelques réglages avec les audio-guides et en route. Nous ne manquons ni les grands classiques : le fameux lion de Lucerne, la plus vieille horloge d’Europe, ni les nouveautés architecturales : le centre culturel construit par Nouvel. Reste encore à revoir ce que cachait le toit des voitures, à revenir sur nos pas et surtout emprunter le fameux pont Kappelbrüke. Ravagé par l’incendie de 1993, ce pont datant du XIVe siècle fut reconstruit à l’identique en un temps record ; on fit aussi des copies des anciennes peintures sur bois ornant la soupente du toit. La visite culturelle se termine par un spectacle vivant au Stadtkeller restaurant pour bon nombre d’entre-nous – sur une proposition facultative de l’agence de voyages.

 Dimanche 27 septembre

DSCF4157.JPGVendredi départ 9 heures, samedi 8 heures, aujourd’hui 7 heures 15 : mais jusqu’où cela ira-t-il ? Des vacances en Suisse, ça peut certes être une semaine au vert pour les misanthropes, les rousseauistes mélancoliques - on a l’embarras du choix question maison isolée dans une vaste prairie - mais des vacances en Suisse, ça peut aussi être un road-movie haletant tant il y a de choses à voir en terre helvétique. En route pour l’incroyable église d'Enseideln de style baroque flamboyant. Un décalage burlesque nous attend à l’arrivée : une course cycliste prend son départ devant le parvis du couvent. A l’intérieur, c’est le choc esthétique. Volutes dorées, plafond peint en couleurs pastel, marbre et stuc, tout ce faste, cette surcharge rappellent fort l’église baroque Saint-Nicolas de Prague. Etonnante aussi la Vierge noire qui, selon M. Sozzi, est très fréquente en Italie. Il nous faut tout de même revenir aux choses terrestres et plus précisément montagneuses. Nous partons pour l’ascension du Santis – 2505 mètres d’altitude. Nous laisserons deux de nos ouailles en bas, DSCF4196.JPGpendant que le téléphérique nous conduira au sommet de la montagne en 10 minutes environ nous offrant là-haut un panorama imprenable à 360°, même si quelques nuages nous empêcheront de voir jusqu’en Croatie ou jusqu’à Marseille – et oui il paraît que c’est possible ??!! D’un côté, nous voyons un champ de montagnes hérissés comme les arêtes dorsales d’un poisson, ailleurs ce sont des couches de pâtes feuilletées, plus loin des vagues, des animaux, au gré de l’imagination de chacun. Nous déjeunons sur place avec vue sur l’horizon embrumé. En un rien de temps, nous arrivons à Appenzell chef-lieu de canton. Nous traversons la fameuse place de la Landsgemeinde où se pratique encore le vote du peuple à main levée. Qu’on imagine des rues avec des maisons à colombages, des fleurs aux balcons, des frises sur les façades, des toitures bombées et les pastels bien sûr, mais surtout des habitants dans la rue qui vous saluent. C’est presque le monde d’Heidi… Pour finir, heureusement, la fête foraine fait un peu désordre dans ce monde parfait. Beaucoup d’entre-nous se retrouvent le soir autour d’une bonne fondue, appenzell oblige. L’hôtel quant à lui fait l’unanimité : chaque chambre n’est à nulle autre pareille (!) et l’une, celle de M. Plantin, a même un lit à baldaquin.

Lundi 28 septembre

A deux jours de la fin du voyage, il n’est plus temps de s’économiser ; et pour une fois, le slogan « rentabilité, rentabilité » - si dramatiquement actuel - est mis au service du tourisme culturel. On DSCF4258.JPGnous propose d’ajouter au programme de la journée une petite escapade vers Saint-Gall à la mi-journée, ce qui ravit tout le monde. Cette visite permettra de varier une journée consacrée à la découverte des produits régionaux : fromagerie d’Appenzeller et Maison Appenzeller Apenbitter-Produktion. Il fallait oser le fromage en matinée, mais finalement, tout est si bien aseptisé, vitrifié, déodorisé qu’on est loin d’être incommodé par le fumet célèbre de la « saumure aux herbes »… Une guide romande, heureuse de retrouver son français, nous donne des explications sur le processus de fabrication du fromage pendant qu’en temps réel, en dessous de nous, nous assistons aux étapes-mêmes de cette confection. Et finalement, tout le monde se laisse gentiment tenter par la dégustation d’Appenzell qui prélude aux achats. Nous partons déjeuner à Saint-Gall dans un restaurant au cœur de la vieille ville. Chacun est ensuite DSCF4284.JPGlibre de visiter – l’un la fameuse Bibliothèque baroque aux 140 000 ouvrages, l’autre les petits rues détournées et les jolies maisons à colombages, et pourquoi ne pas combiner le tout avec un peu de shopping ? De retour à Appenzell, soit que la fabrique du fameux apéritif Appenzeller Alpenbitter ne suscite pas un fol intérêt, soit que, à l’inverse, la ville et son joli marché exerce une trop vive attraction, les effectifs du groupe pour la visite fondent comme neige au soleil. C’est le moment où notre petite Michèle, qui a été indisposée toute la journée par des problèmes digestifs finit par être tout à fait malade. L’odeur puissante des douze herbes qui entrent dans la composition de l’apéritif local n’est pas vraiment du meilleur secours. Voilà notre accompagnatrice préférée bien marrie d’avoir mangé avec tant d’appétit la fondue de la veille ! Heureusement que Rose-Marie Preitner lui apportera, telle une bonne fée, un verre réparateur de gentiane et des mignonettes d’A. Apenbitter au cas où elle voudrait tester ses vertus curatives… Si pour les uns, la soirée se clôt donc par un bon dîner « enfromagé » et arrosé, pour les autres, frugalité et repos sont de rigueur.

Mardi 29 septembre

Last day in Switzerland. Nous roulons, le paysage défile : des collines recouverte d’un épais DSCF4314.JPGmanteau d’herbe verte, à l’arrière plan quelques bosquets, de-ci de-là des fermes éparses sans clôture et sans haie, un peu partout des vaches qui paissent en liberté, au premier plan, une maison typique, étonnamment haute avec une douzaine de petites fenêtres sur trois étages. Nous arrivons à Stein am Rhein, ravissant village au bord du Rhin qui tire son charme de l’étonnante conservation de ses façades peintes – les maisons datent du XVe siècle. Nous mitraillons, qui avec son numérique, qui avec son argentique, ces enfilades de fresques et d’enseignes accrochées aux devantures des boutiques. Le Rhin étant trop bas, nous devons remonter jusqu’à Diessenhofen pour embarquer pour la croisière prévue jusqu’à Schaffhouse. Précieux moment où nous sommes tous sur le pont, au grand air bleu, le visage tourné vers le soleil, à admirer les bords du fleuve. A l’arrivée nous attend le spectacleDSCF4384.JPG impressionnant des chutes du Rhin. Un incident – qui se finit heureusement bien – crée une vive inquiétude. Le sympathique et jovial Jacky Allard est pris de vertiges (symptômes de la maladie de Ménière). L’entraide fonctionne à plein : Alexandre prête son fauteuil, notre docteur rassure tout le monde (thanks Dr Yves Ecoffey). Et c’est parti pour la longue route du retour avec son arrêt réglementaire de 45 min (attention par 44, gare à l’amende !) C’est l’occasion de faire des achats – inutiles ? – ou de bavarder encore une fois entre nous ; car, loin de toute remarque consensuelle, disons que – et là je prends la parole en mon nom - j’ai passé un très bon moment avec vous. Au total, 1700 km parcourus : qui a dit que la Suisse était un petit pays ? Mlle Bassou

Conclusion de Michèle Paoli

A vous qui partez très souvent vers des pays lointains, je vous invite à préférer, pour une fois, notre beau pays la Suisse. C’est un véritable paradis – qui n’a plus rien de fiscal depuis peu – mais qui a de si belles régions pittoresques, des cultures différentes, des paysages variés et magnifiques avec ses lacs et ses montagnes  et des villes si romantiques !

Je termine en remerciant, au nom du Club voyages de la Tribune de Genève, de 24heures et de l’agence Thomas Voyages Marti tous les participants qui ont contribué, par leur gentillesse, leur bonne humeur et leur solidarité à la réussite de ce beau voyage. Je tiens à dire un merci tout particulier à Alexandre, dont son émerveillement pour chaque moment m’émouvait, à sa douce maman, Edith, qui faisait l’admiration de tous, à Michel Gloor, pour son aide sympathique et efficace et à Daniel, notre chauffeur, dont sa gentillesse et son professionnalisme nous a  rassurés. Merci aussi à Liliane, Guy, Gertrude, Phebai, Kristina, Siv, Jeanne-Marie, Maurice, Arlette, Pierre et Odette, Jack et Colette, Jacqueline et André, Joachim, Georgette, Janine, Madeleine, Eric et Joyce, Henri, Tomaso et Fiorella, Cécile, Rose-Marie et Gabriel, Yves et Hélène, Irma, Christiane, Marinette, Geneviève et Muriel.  

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Commentaires

Merci pour votre message. J'espère que vous aurez un jour l'envie de venir voyager avec le Club, car comme vous l'avez remarqué les voyages sont toujours aussi sympathiques.
Cordialement,
Michèle Paoli

Écrit par : Paoli | 16/06/2010

Et dire que je ne connaissait pas ce site, vous voila dans mes favoris !

Écrit par : pari sportif | 27/05/2014

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